Nous sommes tous des commu­nistes …

ReligionAprès le 11 septembre 2011, nous étions tous des Améri­cains pour ensuite deve­nir japo­nais avec la catas­trophe surve­nue le 11 mars dernier. Si la première consta­tions est que ce chiffre 11 peut sembler un signe de malheur, l’année 2011 pour­rait être quant à elle celle du lance­ment d’un nouveau slogan qui serait « Nous sommes tous commu­nistes ». Rien qu’à la lecture de ce mot j’en vois déjà qui sont prêts à cliquer pour fermer la fenêtre de cet article, mais je leur conseille de rester encore un peu pour ne pas partir sur une faute impres­sion.

La crise de la dette, la défiance envers les banques et les lobbies finan­ciers sont actuel­le­ment la base d’un mouve­ment mené par ceux que l’on appelle les indi­gnés. Si leur nombre est encore anec­do­tique, il faut se souve­nir que les évolu­tions notables souvent nommées révo­lu­tions ont débu­té en étant initiées par un cercle réduit de personne. Cette idée qui germe dans certains esprits tend vers une mise à plat du système actuel qui ne profite qu’à un petit nombre qui exploite la masse des popu­la­tions. C’est d’ailleurs sans doute cette notion de profit limi­té qui fait qu’un pays comme la France a bien du mal à se mobi­li­ser autour de cette idée pour­tant très ancienne que les vrais chan­ge­ments profi­tant au peuples ne peuvent venir que de celui-ci. La faim ne tenaillant pas encore assez les esto­macs des hexa­go­naux, il faudra sans doute attendre quelque temps que la mode soit lancée à une plus grande échelle, spéci­fi­ci­té cultu­relle oblige.

Cela étant, la base « idéo­lo­gique » des divers mouve­ments des indi­gnés vise à rempla­cer un système où le capi­tal est au service de quelques castes ou mafias qui ont peu à peu pris les rênes de toutes les commandes. Qu’il s’agisse du pouvoir poli­tique, de l’économie, de la presse et de bien d’autres secteurs formant une socié­té, tous ces domaines sont dans les mains d’une mino­ri­té d’extrémistes ayant pour reli­gion le profit pour eux-mêmes et leur cercle de nantis de nais­sance. Face au compor­te­ment amorphe des faux bour­geois abon­nés au Nouvel’Obs et à Cete­lem, ce sont majo­ri­tai­re­ment des jeunes qui comprennent enfin que s’ils n’ont rien à gagner dans ce système, ils n’ont pas davan­tage à y perdre.

Si ce mouve­ment prend l’ampleur souhai­tée, reste­ra à propo­ser une alter­na­tive, casser pour casser ne menant à rien si ce n’est à satis­faire son ego. C’est ici que se justi­fie le titre de cet article puisque la seule alter­na­tive à ce système haute­ment capi­ta­liste est le commu­nisme. Je ne parle pas ici de l’idéologie trans­for­mée par les diri­geants de l’ex-URSS ou de la Chine, ni même d’un Marx, mais d’un nouveau prin­cipe de base. Celui-ci serait en fait un vrai commu­nisme où le capi­tal est un outil au service du peuple et non l’inverse comme il est actuel­le­ment. De la même manière une refonte totale des assem­blées dites préten­tieu­se­ment repré­sen­ta­tives des peuples vien­drait mettre fin aux dérives de nos dépu­tés et séna­teurs dont le manque de talent et de clair­voyance nous ont conduits à la situa­tion actuelle, le tout pour préser­ver le siège gras­se­ment rému­né­ré qu’ils occupent.

C’est en effet à la base de la popu­la­tion que doivent être prises les grandes déci­sions, ce qui induit-il est vrai de revoir le fonc­tion­ne­ment actuel d’une presse bien plus inté­res­sée par le spec­tacle que par le moindre réel désir d’informer tout en faisant plai­sir à leurs patrons asso­ciés aux lobbies finan­ciers. Ce que l’on nomme géné­ra­le­ment l’opinion publique n’est depuis long­temps depuis long­temps qu’un mode­lage média­tique au lieu d’être un reflet des aspi­ra­tions de la socié­té. C’est sans doute ce déca­lage proche de la surdi­té qui est à la base de bien des reproches envers une classe poli­tique ne repré­sen­tant plus qu’elle-même.

Il ne s’agit donc pas de reprendre une idéo­lo­gie exis­tante, mais d’en créer une, celles employées par le passé ayant large­ment démon­tré leur force pour le petit nombre des nantis et leur faiblesse pour l’immense majo­ri­té des popu­la­tions. Ce chan­ge­ment s’il est d’ores et déjà en route ne s’amplifiera que s’il est capable d’apporter une alter­na­tive crédible. Il est donc primor­dial de ne pas réité­rer les mêmes erreurs en rempla­çant les rois d’aujourd’hui par ceux de demain ou de mettre en tête quelques intel­lec­tuels de foire obnu­bi­lés par leur noto­rié­té. Donner enfin la parole et les vraies respon­sa­bi­li­tés aux peuples est une prio­ri­té, et ce avec la volon­té de dépas­ser le clivage des fron­tières qui ne sont rien d’autres que des barrières posées par des bergers dési­rant garder près d’eux leur trou­peau pour s’en nour­rir.