Mino­ri­tés cultu­relles : le kebab, mais pas la djel­la­ba (I)

minoritésQuel que soit le pays, l’existence de mino­ri­tés ethniques ou raciales a toujours posé de nombreux problèmes. Poutine décla­rant « Nous n’avons pas besoin des mino­ri­tés, ce sont elles qui ont besoin de nous » ou le deve­nu célèbre « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » de Sarko­zy, ne sont pas ce qui se fait de mieux en matière de solu­tions avec pour fina­li­té de faire plai­sir à une partie de l’opinion publique. Entre un FN prônant l’exclusion, ou du moins le nivel­le­ment de ces mino­ri­tés, et un PS voulant à tout prix se forger une image de tolé­rance, s’est formé un gouffre ampli­fié par les scru­tins élec­to­raux lors desquels ces popu­la­tions deviennent un enjeu de poli­tique poli­ti­cienne.

Concer­nant les étran­gers, un des problèmes des poli­tiques succes­sives dans ce domaine est d’être large­ment basée sur l’hypocrisie. À chaque lende­main d’élections, sort de son antre le vieux serpent de mer de la régu­la­ri­sa­tion ou de l’expulsion des « sans-papiers ». Accep­ter que des centaines ou milliers d’êtres humains vivent dans des condi­tions souvent diffi­ciles durant des années permet aux nouveaux élus de prou­ver leur effi­ca­ci­té grâce à cette « réserve » d’illégaux. De la même manière que les vieux poilus de la guerre de 14 ont été très progres­si­ve­ment déco­rés, les sans-papiers font les frais de ce système conçu pour paraître. Hypo­cri­sie parce que la plupart de ces immi­grés entrent en France munis d’un visa touris­tique alors que leurs condi­tions de vie ne leur permettent guère ce genre de voyages d’agrément. La loi n’étant visi­ble­ment pas la même pour tous, un Chinois dési­rant se rendre en France doit prou­ver un mini­mum de reve­nus, être couvert par une assu­rance et doit passer avec succès les diverses portes impo­sées par les ambas­sades. Pour­quoi ce qui est tech­ni­que­ment possible pour les uns ne l’est-il pas pour les autres ? Au nom des nombreuses conven­tions bila­té­rales signées entre la France et certains pays, dont une bonne partie d’Africains possé­dant de riches sous-sols. Immi­gra­tion contre pétrole et autres ressources sont depuis des décen­nies ce qui impose ces échanges à la popu­la­tion euro­péenne et fran­çaise en parti­cu­lier.

kebabLorsque des Espa­gnols ou Maro­cains venaient travailler dans nos champs, les problèmes étaient rares pour deux raisons. La première est qu’ils venaient travailler sans deman­der quoi que ce soit en supplé­ment de leur maigre paye. La deuxième est que le nombre de Fran­çais sans-emplois était loin d’atteindre le niveau actuel. Il n’était alors que peu ques­tion de racisme ou de xéno­pho­bie, ce pas plus que lorsque des milliers d’Italiens ont immi­gré en France. En dehors de quelques appel­la­tions du style « sale maca­ro­ni », qui à l’époque ne condui­saient pas devant les tribu­naux, la France a inté­gré de nombreuses popu­la­tions étran­gères sans trop de soucis. Aussi fausse est la version suivant laquelle la commu­nau­ta­ri­sa­tion serait à l’origine de certains heurts. Les harkis, les Viet­na­miens ont été regrou­pés dans des condi­tions parfois bien pires que de nos jours sans pour cela créer un noyau de délin­quance.

Il faut préci­ser que ces popu­la­tions avaient un respect natu­rel pour leur pays d’accueil, ce qui est nette­ment moins le cas aujourd’hui. La raison ? En grande partie la volon­té d’intégrer à tout prix des popu­la­tions n’ayant aucun lien d’affection ou de recon­nais­sance envers leur pays d’accueil. Ce senti­ment autre­fois présent s’est déli­té au fil du temps faute d’être entre­te­nu et a fini par deve­nir tota­le­ment super­flu aux yeux des inté­res­sés. Une partie de la faute en revient égale­ment aux diri­geants poli­tiques qui ont aban­don­né les valeurs asso­ciées à la nation. Celle-ci ne repré­sen­tant dans bien des cas qu’un trem­plin pour leurs ambi­tions person­nelles, il devient ardu d’imposer l’enseignement de telles valeurs à d’autres. Payer ensuite pour préser­ver la tran­quilli­té de certains quar­tiers répu­tés chauds ne peut mener qu’à une suren­chère de la part de ceux sachant voir les points faibles du système. En alter­nant un semblant de répres­sion et une condes­cen­dance socia­li­sante en fonc­tion du vain­queur des élec­tions, le bateau « France » ne peut que dange­reu­se­ment tanguer et donc agacer une popu­la­tion aspi­rant en prio­ri­té à sa tran­quilli­té.

Vient ensuite le système de la double peine, très coûteuse pour le contri­buable fran­çais avec des délin­quants étran­gers occu­pant une bonne partie des places des prisons. Si ce système est conce­vable pour des crimes, il devient ridi­cule dans le cas de délits. Il doit être tech­ni­que­ment possible d’interdire l’entrée sur le terri­toire après une expul­sion grâce aux seules empreintes digi­tales dépo­sées sur la demande de visa. Ce qu’il manque, c’est la volon­té poli­tique gommée par divers arran­ge­ments entre diri­geants des nations concer­nées.

Un autre aspect est celui repré­sen­té par les personnes de diverses origines ethniques, mais ayant acquis la natio­na­li­té fran­çaise. S’il ne peut être ques­tion d’expulsion, l’intégration joue un rôle majeur et cette fois dans les deux sens. C’est ce dont il sera ques­tion dans le prochain article.