Migrants à grande vitesse : les aider à partir vite pour mieux les faire reve­nir

Comme chaque année durant les jours précé­dant le Nouvel An, ce sont des dizaines de milliers de migrants origi­naires des régions limi­trophes du Guang­dong qui regagnent pour quelques jours leur domi­cile. Pour beau­coup, le voyage se fait en moto en compa­gnie de son épouse. Pour certains enfants âgés de seule­ment quelques mois, ce deux-roues est le moyen de rendre une première visite à ses grands-parents.

Si les cadeaux sont soli­de­ment arri­més sur la moto, ils sont égale­ment prêts du côté des aïeux heureux à l’idée de revoir son fils ou sa fille, ce d’autant plus qu’un membre supplé­men­taire de la famille vient leur rendre visite. Cette joie était celle de cette famille de paysans des envi­rons de Guilin. Le fils avait aver­ti les parents qu’il prenait la route avec sa femme et son fils âgé de trois mois. Ce bonheur s’est trans­for­mé en profonde tris­tesse lorsque les poli­ciers ont aver­ti le père et la mère qu’ils ne vien­draient pas en ayant été heur­tés et tués par un camion.

Ces drames font plei­ne­ment partie du décor en se répé­tant d’une année à l’autre. Cette année, ils sont toute­fois moins nombreux à prendre ce risque lié à des centaines de kilo­mètres en moto. Seront-ils pour autant moins nombreux à rega­gner leur domi­cile pour quelques jours ? Abso­lu­ment pas. La hausse des salaires permet en effet à un nombre crois­sant de migrants de prendre des moyens de trans­port plus sûrs et plus rapides. La « tendance 2015 » est au mari en moto, ce le plus souvent pour des raisons d’économies, mais parfois aussi pour le fun, femme et enfant prenant de plus en plus souvent l’avion. D’après les consta­ta­tions de la police de la route, le nombre de motards en famille baisse d’année en année et 2015 sera marquée par une chute impor­tante du nombre de migrants en moto.

La raison ? La ligne ferro­viaire rapide entre Guangz­hou, Nanning et Guilin mise en service il y a quelques semaines. Tout juste un peu plus de trois heures au lieu des 48 aupa­ra­vant néces­saires pour rallier ces deux points ont inci­té de nombreux migrants à lais­ser la moto au béné­fice d’un voyage plus sûr et plus rapide. Si le temps a manqué en 2015 pour répondre à la demande avec une mise en service en décembre 2014, le minis­tère des Chemins de fer prévoit dès 2016 la mise en place de nombreux trains rapides supplé­men­taires dédiés aux seuls migrants. En supplé­ment d’un aména­ge­ment permet­tant d’embarquer faci­le­ment les cartons et les valises, des tarifs préfé­ren­tiels seront appli­qués dès l’année prochaine à la période du Nouvel An.

Ces billets à prix réduit seront finan­cés par l’état, mais égale­ment par les entre­prises employant ces migrants. Si l’aspect social est présent, un autre est sans doute plus impor­tant. Aider à partir cette main d’œuvre dans de bonnes condi­tions est en effet une manière de l’inciter à reve­nir, nombreux étant les migrants à trans­for­mer un aller/retour en aller simple, ce pour diverses raisons.