Mad Max et bric-à-brac : des paysans font renaître leur village

Situé à quelques kilo­mètres de Nanning, ce vieux village a été progres­si­ve­ment aban­don­né pour « raison écono­mique ». L’immense plaine qui l’entoure four­nit une bonne partie des légumes consom­més par les habi­tants de la capi­tale de région. La hausse des prix aidant, ces agri­cul­teurs, long­temps misé­rables d’un point de vue finan­cier ont vu leur niveau de vie s’améliorer. Ces reve­nus en hausse ont permis de construire de nouvelles habi­ta­tions à quelques centaines de mètres de l’ancien village.

Après plusieurs dizaines d’années passées dans l’équivalent chinois de la SNCF en tant que méca­ni­cien, ce jeune retrai­té (55 ans) revient vivre dans son village natal. Pour occu­per son temps libre, il assemble des pièces de ferraille qu’il épar­pille aux quatre coins du village sans habi­tants. Suite aux conseils de touristes passant là par hasard, naît alors l’idée de redon­ner vie au village. Les anciens habi­tants restaurent les habi­ta­tions et un marché aux légumes est instal­lé à la péri­phé­rie. Au fil des mois, le nombre de visi­teurs augmente ce qui incite les habi­tants à ajou­ter des équi­pe­ments supplé­men­taires comme une piscine ou un parcours équestre pour les enfants. Les deux ou trois restau­rants font le plein les week-ends et périodes de vacances.

Une motrice et un wagon desti­nés à la casse sont récu­pé­rés grâce aux rela­tions du méca­ni­cien retrai­té. Entiè­re­ment démon­tés pour faire le voyage entre la gare et le village, les deux engins sont remis en état, le wagon étant actuel­le­ment aména­gé en « salle de repos » pour les visi­teurs. Un projet en cours de finan­ce­ment vise à donner nais­sance à une ligne de chemin de fer sur laquelle circu­le­ra ce train touris­tique.

En supplé­ment des paysans exploi­tant leurs anciennes habi­ta­tions, c’est une centaine d’emplois qui ont été créés. Comme souvent en Chine et en parti­cu­lier pour les acti­vi­tés touris­tiques « arti­sa­nales », les paysans ne reversent aucune taxe et ne sont soumis à aucune obli­ga­tion en matière d’assurances, etc. Les visi­teurs le savent et se prennent donc en charge, sécu­ri­té des adultes et des enfants comprise.