Macron en Chine : une opéra­tion de « com » à l’avantage des Chinois

En dehors d’avoir provi­soi­re­ment réveillé les oppo­sants systé­ma­tiques qui sévissent dans les zones de commen­taires du Figa­ro, la visite du président Macron en Chine n’a guère déro­gé aux règles de ce style de dépla­ce­ments.

Concer­nant l’accord d’usine de retrai­te­ment de déchets nucléaires, il ne s’agit que d’une étape complé­men­taire dans un dossier déjà vieux de 10 ans. Le coup de clai­ron qui a suivi est à mettre dans le même sac que l’échange de permis de conduire dont un accord a été signé il y a près d’un an, mais sans autre avan­cée pratique. Il reste en effet de nombreux points à régler, dont celui de l’opposition d’une partie des habi­tants de Lianyun­gang dans le Jiang­su, zone envi­sa­gée pour l’implantation de l’usine. En août 2016, des heurts ont déjà oppo­sé des habi­tants de la région aux forces de l’ordre lors de plusieurs mani­fes­ta­tions.

Aucun souci toute­fois pour Areva puisque c’est China Natio­nal Nuclear Corp (CNNC) qui est à la tête du projet. En cas d’incidents graves, la France garde­ra donc les mains propres et pour­ra même se payer le luxe de criti­quer au besoin les actions éven­tuel­le­ment violentes des forces de l’ordre.

Pour le reste des suppo­sées avan­cées, la visite du chef de l’État fran­çais s’est limi­tée à la signa­ture d’accords mis « au chaud » de plus ou moins longue date en prévi­sion de ce dépla­ce­ment. S’il a évidem­ment été ques­tion de réduire le gouffre du défi­cit commer­cial côté fran­çais, ces paroles ont déjà rejoint le sac où sont entas­sées les bonnes inten­tions.

Concer­nant les auto­ri­tés chinoises, il s’agissait d’avancer un pion écono­mique en Europe. Les diffi­cul­tés poli­tiques de la chan­ce­lière alle­mande asso­ciées au Brexit font que la Chine ne possède plus aucun inter­lo­cu­teur de poids en Europe. En cares­sant le président fran­çais dans le sens du poil, Xi Jinping a ainsi impo­sé sa vision du présent et de l’avenir. Là encore, certains aspects avaient été gardés en réserve, mais pas toujours dans le même but. C’est ainsi que l’annonce de la vente de la chaine de maga­sins Naf Naf par Vivarte au groupe chinois La Chapelle Fashion Co n’a été offi­cia­li­sée qu’après la fin de la visite du président fran­çais. En paral­lèle, une rumeur insis­tante fait état d’une baisse des achats de bons du Trésor améri­cains de la part de la Chine. Si ce bruit se confirme, il faut s’attendre à des consé­quences néga­tives tant pour les États-Unis que pour l’Europe.

D’une part, la réforme fiscale de Trump va accroitre le défi­cit public déjà abys­sal. D’autre part, la baisse du dollar qui suivra va méca­ni­que­ment induire une hausse de l’Euro, et donc un manque de compé­ti­ti­vi­té de la part des pays de la commu­nau­té. S’ajoute que la baisse des achats de la dette améri­caine par la Chine devra être compen­sée par les autres créan­ciers, dont le Japon, allié indé­fec­tible des USA

Un autre aspect est la soudaine et appa­rente détente entre l’administration Trump et la Corée du Nord. En complé­ment de sa présence aux JO de Pyeong­chang en Corée du Sud, la Corée du Nord multi­plie les opéra­tions de charme. Le résul­tat est que le président améri­cain n’écarte même plus l’éventualité d’une rencontre entre certains hauts diri­geants des deux pays.

Devi­nez à qui rappor­te­raient ces éven­tuels accords : à la Chine qui a tout en accep­tant de renfor­cer les sanc­tions écono­miques à l’égard de son voisin pour­rait dès lors commer­cer avec lui sans réels obstacles et concur­rence.