Ma prochaine voiture sera Chinoise

bruit sur pont wulingLes voitures chinoises ne valent rien, elles sont moches lorsqu’elles ne sont pas des copies de modèles occi­den­taux et la dernière preuve s’il en était besoin est que les Chinois eux-mêmes préfèrent de loin les voitures impor­tées à leurs propres fabri­ca­tions. Cela étant dit, même si cela me rappelle une argu­men­ta­tion à conno­ta­tion simi­laire concer­nant la venue des voitures japo­naises dans les années 70, la Chine évolue égale­ment dans ce domaine, il est vrai en partie grâce au savoir-faire étran­ger. Un exemple parmi d’autres est SGMW, une joint-venture entre SAIC, Gene­ral Motors et Wuling, un construc­teur histo­rique instal­lé à Liuz­hou dans le Guangxi.

bruit sur pont wulingSi Wuling a été char­gé de construire la Baojun 630, le construc­teur a été rendu célèbre par ce modèle large­ment diffu­sé à travers tout le pays qu’est le Sunshine (en photo ci-contre). Ce véhi­cule prati­que­ment légen­daire est décli­né en plusieurs versions allant du pick-up au mini­bus 7 places en passant par le modèle équi­pé d’une caisse réfri­gé­rée. Le modèle de base démarre à 27 000 yuans ce qui le rend acces­sible à bien des foyers chinois qui voient encore au travers d’un véhi­cule non pas le moyen de frimer, mais de simple­ment se dépla­cer, ce qui consti­tue le rôle premier d’une voiture.

Si ce véhi­cule fonc­tionne très bien dans des condi­tions normales d’utilisation, sa soli­di­té est très loin d’être celle d’un char d’assaut. C’est ce qui explique que lorsque ce véhi­cule heurte un obstacle à plus de 70 km/h, il ne reste plus grand-chose du mini­van lui-même et souvent de ses passa­gers. Ce handi­cap n’empêche toute­fois pas le Sunshine d’être un des véhi­cules des plus popu­laires , et ce malgré cette répu­ta­tion de construc­tion « feuille de papier ».

bruit sur pont wulingFort de son alliance avec GM, Wuling a lancé en 2007 une nouvelle gamme de véhi­cules compacts dont le Hong­tu qui consti­tue le haut de gamme de la marque. Si le concept reste le même avec une moto­ri­sa­tion n’excédant pas 1.4 L, le desi­gn n’a lui rien à envier à des modèles bien plus répu­tés, mais aussi bien plus chers. Vendu entre 46 000 et 60 000 yuans suivant les options choi­sies, le Hong­tu est non seule­ment aussi pratique que le Sunshine, mais en supplé­ment est joli. Une caisse bien conçue, une belle calandre à l’allure GM où le sigle Wuling surprend quelque peu celui qui est habi­tué aux formes carrées du modèle Sunshine. L’intérieur est bien conçu sans être luxueux, l’aspect pratique étant privi­lé­gié comme pour les modèles précé­dents. Pour ce qui concerne le point faible des Wuling, soit la soli­di­té, il semble à première vue que celle-ci ait été nette­ment amélio­rée, n’ayant toute­fois pas testé ce véhi­cule en le lançant contre un poids lourd ou un mur. Ce qui me laisse penser à une évolu­tion dans ce domaine est le faible bruit de roule­ment, signe annon­cia­teur d’un épais­sis­se­ment de la struc­ture, ou d’un meilleur niveau d’insonorisation ce qui laisse au moins entre­voir une mort dans un silence rela­tif.

bruit sur pont wulingSi la moto­ri­sa­tion en 1.1 L est un peu faible, le 1,4 L répond lui aux attentes des conduc­teurs plus nerveux ou devant affron­ter les nombreuses montées parse­mant ce pays. Ici dans le sud la clima­ti­sa­tion est indis­pen­sable, ce qui impose de choi­sir un modèle certes plus gour­mand en carbu­rant, mais offrant un envi­ron­ne­ment « clima­tique » plus adéquat. C’est donc sans doute le haut de gamme du Hong­tu que je choi­si­rai si je me décide à sauter le pas en passant enfin la partie très théo­rique du permis chinois. Les raisons sont finan­cières auxquelles il faut ajou­ter qu’après près de 40 ans de conduite, j’ai été proprié­taire de voitures fran­çaises, japo­naises, alle­mandes, mais jamais chinoises. Pour les plus pessi­mistes, je dirai que mourir dans un cercueil aux couleurs du pays où l’on réside est plus en concor­dance avec l’intégration indis­pen­sable, même si dans ce cas il s’agit davan­tage de désin­té­gra­tion. Blague à part, j’ai trou­vé ce véhi­cule sympa­thique et bien fait, ce qui laisse présa­ger des progrès qui feront avant long­temps des véhi­cules chinois des voitures à part entière, et non entiè­re­ment à part.