La longue marche du tourisme chinois

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Il y a encore seule­ment quelques années, le tourisme en Chine se limi­tait à quelques « grosses usines » majo­ri­tai­re­ment desti­nées aux visi­teurs étran­gers. La situa­tion est aujourd’hui très diffé­rente avec la multi­pli­ca­tion de sites touris­tiques dont une bonne partie orien­tée « Nature ».

S’ils sont certes moins répu­tés que les hauts lieux régio­naux, ils attirent chaque fin de semaine des milliers de visi­teurs dont la plupart viennent des agglo­mé­ra­tions voisines. Loin des « machines à sous » touris­tiques, la créa­tion de ces nouveaux lieux de visites répond à une demande de la part de la part des cita­dins, mais pas seulement…

La période du grand nettoyage

Comme la plupart des nouveau­tés chinoises, l’extension des zones touris­tiques est plani­fiée au plus haut sommet poli­tique avant d’être appli­quée et adap­tée au niveau local. Contrai­re­ment à un pays comme la France, ce « nouveau tourisme » est insuf­flé par une volon­té poli­tique, et ce bien plus que pour des raisons économiques.

Dans le Guangxi, la mise en œuvre de cette direc­tive a débu­té il y a envi­ron 5 ans avec le slogan « 丽的广西 » (Beau Guangxi). La première étape est un nettoyage en profon­deur de la région façon Karcher. Avant le lance­ment du projet, il faut savoir que les zones rurales secon­daires ressem­blaient bien plus à un immense dépôt d’ordures à ciel ouvert qu’à la carte postale des rizières en terrasse.

La profu­sion de sacs plas­tique sur le bord des routes n’incitait donc pas à la prome­nade, ce qui d’ailleurs n’était même pas envi­sa­gé par les nouveaux cita­dins. Le retour à la nature lors du week-end n’était d’une part pas à la mode et d’autre part peu de familles dispo­saient d’une voiture.

Convaincre pour la durée

Faisant suite à de nombreuses réunions, le nettoyage commence en colla­bo­ra­tion avec les person­nels des districts et des paysans dans un premier temps rému­né­rés pour ce travail. Après l’élimination de centaines de tonnes de déchets, la seconde étape se présente comme bien plus complexe. Il s’agit en effet de convaincre les habi­tants de main­te­nir la propre­té des paysages nouvel­le­ment rénovés.

Des enfants à l’école aux adultes toutes géné­ra­tions confon­dues, la sensi­bi­li­sa­tion est orga­ni­sée par les ensei­gnants et les respon­sables locaux. Faute de ramas­sage régu­lier des ordures ména­gères, le projet « Beau Guangxi » avait peu de chances de chance d’atteindre son objec­tif sur la durée.

Les déchets étant essen­tiel­le­ment compo­sés de matières orga­niques, les fermes et les habi­ta­tions des villages ont été dotées d’installations locales biogaz. Ces équi­pe­ments gratuits ont ainsi pu recy­cler une bonne partie des déchets, d’où une écono­mie appré­ciable pour les habi­tants. Le gaz produit limi­tant la consom­ma­tion de bois, l’environnement a logi­que­ment profi­té de ces instal­la­tions en supplé­ment d’une pollu­tion visuelle très sensi­ble­ment réduite.

Des ramas­sages d’ordures locaux ont été mis en place, ce qui s’est accom­pa­gné de la créa­tion de nombreux emplois. Les dépo­toirs au bord des routes ont ainsi dispa­ru en même temps que ceux qui « déco­raient » les villages ruraux les plus reculés.

La suite très prochainement …