Longane et jasmin

pluieLongane, vous connais­sez ? Ce n’est ni un prénom, ni le nom d’un modèle de voiture, mais celui d’un fruit culti­vé dans la région. C’est en ce moment la pleine saison et les fruits mûrs ne peuvent attendre, ce qui pose un problème de taille aux proprié­taires de ces plan­ta­tions. La demande étant en effet à la hausse et la produc­tion de cette année parti­cu­liè­re­ment bonne, le plus diffi­cile est de trou­ver de la main d’œuvre dispo­nible.
Tombant en même temps que la pleine produc­tion de jasmin, le person­nel se fait rare et les employeurs ont été obli­gés d’augmenter le taux horaire afin d’attirer a eux les ramas­seurs qui se font dési­rer. Un produc­teur de longane me disait être allé dans les provinces voisines pour embau­cher du person­nel, mais n’avoir trou­vé qu’une tren­taine de personnes alors qu’il en aurait besoin de dix fois plus.

Si cette pénu­rie fait l’affaire des employés qui voient leurs reve­nus tirés vers le haut, ceux-ci sont inquiets pour l’année prochaine car ils ont peur de voir arri­ver une foule de personnes issues de régions parfois loin­taines qui n’ayant pas de travail loca­le­ment vont se faire embau­cher, souvent pour un prix bien moindre de celui prati­qué actuel­le­ment.
Le problème de ces deux cultures saison­nières est qu’elles ne peuvent attendre et parti­cu­liè­re­ment le jasmin qui doit être cueilli en boutons et cela à un stade très précis. Si le longane est moins exigent, la moindre pluie fait écla­ter les fruits ce qui le rend inven­dable, sans comp­ter les attaques d’insectes.
Para­doxa­le­ment, il y a trop d’agriculteurs en Chine pour qu’ils aient majo­ri­tai­re­ment un reve­nu décent, mais la main d’œuvre manque à certaines périodes pour assu­rer les récoltes ce qui a pour effet de réduire le reve­nu de ces mêmes agri­cul­teurs Si le manque de méca­ni­sa­tion impor­tante est parfois la raison de ces bas reve­nus, il est impos­sible dans le cas du jasmin et du longane de méca­ni­ser la récolte ce qui fait entrer certains paysans dans un cercle vicieux. La méca­ni­sa­tion du repi­quage du riz a toute­fois permis de passer bien moins de temps dans les rizières et ainsi lais­ser la main d’œuvre libre pour d’autres tâches aussi urgentes.

Il reste toute­fois diffi­cile de conci­lier produc­tion et renta­bi­li­té car si la main d’œuvre semble inta­ris­sable, celle-ci préfère souvent les travailler en usine car le travail y est parfois moins dur et souvent plus valo­ri­sant.