L’Inde, le pays où il ne se passe jamais rien

L’Inde, le pays où il ne se passe jamais rienQuiconque consulte les médias en ligne, regarde la télé­vi­sion ou lit le jour­nal, est obli­ga­toi­re­ment au courant du moindre évène­ment se passant en Chine. Si l’on se réfère à la quan­ti­té d’articles sur ce pays, dont 99,99 % sont à conno­ta­tion néga­tive, on peut être amené à penser que son voisin Indien est bien plus en phase avec les normes édic­tées par les occi­den­taux puisqu’il n’en est que très rare­ment ques­tion, pour ne pas dire jamais.

Il en est ainsi d’un point de crois­sance en moins qui est rele­vé comme un effon­dre­ment de l’économie dû tant à la fragi­li­té de celle-ci qu’à la gestion désas­treuse du système poli­tique en place, du trai­te­ment des femmes avor­tées de force et de nombreux autres éléments mettant en exergue les aspects noirs de la dicta­ture chinoise. À côté de cela un pays comme l’Inde, en appa­rence plus grande démo­cra­tie du monde, béné­fi­cie d’un trai­te­ment des plus bien­veillants de la part des médias, mais égale­ment de celle des « bien-pensants » n’ayant d’yeux que pour la Chine.

Et pour­tant :

Une crois­sance au plus bas depuis 9 ans (5,3%)

Des bus incen­diés et des trains arrê­tés par des personnes en colère contre la hausse de l’essence

Une jeune fille brûlée vive pour avoir refu­sé de se marier

Une mère pous­sant ses filles à se pros­ti­tuer

Un jeune homme prin­ci­pal accu­sé d’un viol collec­tif le jour de son mariage

Le plan d’austérité mis en place par le gouver­ne­ment

Les très nombreux déra­pages, non pas de la classe moyenne, mais de la caste moyenne indienne

L’Inde, le pays où il ne se passe jamais rienSont des aspects qui inté­res­se­raient les médias et les lecteurs, si les premiers jouaient leur rôle d’information au lieu de se complaire dans celui inverse à desti­na­tion de la Chine. S’il en était besoin, cela prouve que tant le non-respect des droits de l’homme que diverses attaques politico-économiques envers la Chine font partie d’une stra­té­gie visant à asseoir le pouvoir de quelques-uns, assis sage­ment derrière le grand frère améri­cain dictant sa ligne de conduite.

Tout aussi étrange est le silence complai­sant des médias sur les problèmes rencon­trés par Google en Inde qui se voit régu­liè­re­ment « obli­gé » de remettre à la justice locale des infor­ma­tions sur certaines personnes qui en Chine seraient bapti­sées du nom de dissi­dents. Si les sites sur la Chine sont innom­brables en supplé­ment des articles occa­sion­nels issus de la même source forma­tée, ceux sur l’Inde sont bien plus rares. Excep­té en effet l’émanation locale de la succur­sale de TF1 et consorts qu’est inde.aujourdhuilemonde.com, il n’existe rien en fran­çais, du moins d’envergure. Cette cour­roie de trans­mis­sion déver­sant son venin sur la seule Chine au travers d’une autre cana­li­sa­tion tout aussi diri­gée, il n’en reste dès lors plus pour rele­ver des dérives deve­nues alors accep­tables.

Pour vous donner une idée plus précise de cette désin­for­ma­tion par omis­sion volon­taire, cette mesure prise par les auto­ri­tés locales de Mumbai après que la police ait déman­te­lé (c’est le terme employé) une rave orga­ni­sée par la jeunesse dorée de la ville.

L’Inde, le pays où il ne se passe jamais rienRessor­tant des tiroirs une loi vieille de 63 ans, les adultes âgés de plus de 25 ans devront doré­na­vant possé­der un permis qui leur permet­tra de possé­der un maxi­mum de 12 bouteilles de bois­sons alcoo­li­sées dans une même jour­née. Le coût de cette licence est de 5 roupies par jour et de 1000 pour une auto­ri­sa­tion sans limites de temps. La sanc­tion prévue en cas de non-respect de cette mesure est une amende de 50 000 roupies ou de cinq ans de prison, et éven­tuel­le­ment les deux peines cumu­lées.

Je vous laisse imagi­ner ce qu’une telle mesure aurait fait comme raffut média­tique si elle avait été initiée en Chine. On aurait alors vu tous les huma­nistes au rabais s’élever contre cette nouvelle ségré­ga­tion par l’argent, les évidents risques de corrup­tion des poli­ciers char­gés des contrôles et l’atteinte à la liber­té de l’individu.

Dans ce cas il n’en est rien, et face à la chape de plomb impo­sé par le système chinois et si souvent décrit par les médias, ceux-ci s’appliquent sans aucune obli­ga­tion un devoir de silence afin de ne pas déplaire à ceux qui leur envoient leurs chèques de fin de mois. Il n’est nulle­ment ques­tion ici d’opposer deux nations ou deux systèmes poli­tiques pour démon­trer que la Chine s’en sort mieux que son voisin, la situa­tion étant dans les deux cas complexe et contras­tée . L’objectif est seule­ment de rele­ver un parti pris certain qui fait perdre toute crédi­bi­li­té à une profes­sion qui a depuis long­temps chan­gé d’orientation pour passer de la voca­tion d’informer à celle de cour­roie de trans­mis­sion bien huilée au service d’intérêts très éloi­gnés de la mission première.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.