Lieux d’échanges, lieux de haine ?

Un NombrePour­quoi tant de haine, c’est la ques­tion que l’on est à même de se poser si vous consul­tez un certain nombre de sites géné­ra­listes trai­tant de la Chine. Il se dégage en effet de ces « lieux de discus­sions » une impres­sion d’incapacité de la part de certains à dialo­guer ou du moins à expo­ser leurs points de vue. Il faut dire égale­ment, à la décharge de ces personnes, qu’elles ne connaissent souvent ce pays qu’au travers de lectures et autres repor­tages plus ou moins orien­tés et que les discus­sions sur ce pays ne sont souvent qu’un déri­va­tif qui leur permet de suppor­ter l’agressivité et la moro­si­té ambiante qui règne chez eux.
Il se dégage égale­ment de leurs commen­taires une certaine jalou­sie qui se traduit par un compor­te­ment agres­sif, souvent dicté par un manque d’arguments lié au fait qu’ils ne connaissent ce pays que de manière virtuelle et cela même pour certaines personnes y vivant tant elles sont inca­pables d’ouvrir les yeux sur un pays qui bouge et change à toute allure et qui a par-dessus tout une culture diffé­rente, chose impen­sable pour ces gens qui n’ont pour seule réfé­rence la petite vie embour­geoi­sée qu’ils ont ou avaient.
À un commen­taire argu­men­té par une expé­rience vécue, la réponse se résume majo­ri­tai­re­ment à une attaque person­nelle ou autre géné­ra­li­té tirée d’un livre d’histoire écrit bien souvent par une personne ayant rencon­tré les mêmes problèmes d’adaptation ou de compré­hen­sion que ceux qui se réfèrent à ces lectures qui pour eux sont les bibles de ce qu’il faut savoir, afin de pouvoir parler de ce sujet à la mode qu’est la Chine.
Expa­trié nanti, bande à cinq centimes, pro-PCC sont souvent les seules réponses qu’il est possible d’obtenir de la part de ces personnes n’ayant rien à dire, mais qui le suppor­tant mal, remplacent leur mécon­nais­sance de ce pays par une aigreur mala­dive tour­nant parfois à l’agressivité. Si ces personnes sont plus à plaindre qu’à blâmer, il n’en est pas de même pour certains sites qui utilisent ce phéno­mène à des fins mercan­tiles et pour qui la Chine n’est qu’un support publi­ci­taire alors qu’ils se disent être des médias d’information. En partant d’un titre raco­leur, mais au conte­nu vide, ces régies publi­ci­taires utilisent et mani­pulent les lecteurs en leur faisant croire à une liber­té d’expression qui n’est en fait qu’un moyen détour­né de géné­rer du trafic et par consé­quent des reve­nus. Si ces sites commer­ciaux sont nulle­ment condam­nables sur le fond, ils le sont par contre sur la forme en faisant croire aux lecteurs qu’il s’agit de médias infor­ma­tifs puisque leurs sources sont majo­ri­tai­re­ment des copies d’agence de presse chez qui il suffit de sous­crire un abonnent. Il suffit ensuite aux publi­cistes de choi­sir les articles qui pour­ront atti­rer le plus de polé­miques et le tour est joué, ayant ainsi posé le premier maillon d’une chaine de commen­taires où vont s’affronter les gladia­teurs virtuels, cachés sous le masque de l’anonymat et sous l’œil amusé d’un public venu comp­ter les points.
Ce manque total de déon­to­lo­gie et de respect conduit auto­ma­ti­que­ment à un certain nombre de dérives toute­fois couvertes et même encou­ra­gées par les respon­sables de ces sites, qui en ne voyant que l’aspect commer­cial sont bien loin du titre de jour­na­liste qu’ils s’octroient. Ce système est égale­ment un excellent repous­soir pour les personnes qui dési­re­raient réel­le­ment dialo­guer et qui ne dési­rent pas se mêler à cette foire d’empoigne où les plus gueu­lards ou impo­lis finissent par avoir raison en dégou­tant les autres d’intervenir. Le niveau est donc parti­cu­liè­re­ment « cras­souillard » et ne laisse aucun espace à de vrais échanges enri­chis­sants, mais permet à des personnes de libé­rer leur bile haineuse et à d’autres d’en tirer des béné­fices.
Dans ces arènes virtuelles, les perdantes sont sans nul doute ces valeurs humaines de tolé­rance et d’ouverture d’esprit auxquelles se réfèrent pour­tant un grand nombre de personnes « bien-pensantes », mais inca­pables d’appliquer à eux-mêmes ce qu’ils voudraient voir dans un pays qu’ils ne connaissent pas.
Alors qu’il serait inté­res­sant d’échanger des points de vue et des expé­riences, ces lieux de discus­sions sont deve­nus des salles d’attente de psychia­trie où certains attendent leur tour pour aller consul­ter le spécia­liste qui essaie­ra de guérir le mal-vivre de ceux qui pensent avoir trou­vé dans la médio­cri­té de leur propos un médi­ca­ment miracle.