Les water-Closer de la clas­se poli­ti­que

Francois Hollande et sa compagne Valerie Trierweiler quittent La RochelleAttein­te inac­cep­ta­ble à la vie privée. Tel est le slogan repris en chœur par la clas­se poli­ti­que fran­çai­se après la publi­ca­tion d’une série de photos sur la liai­son amou­reu­se de M. Fran­çois Hollan­de (pas le prési­dent, le normal). Même Mari­ne Lepen se joint à la chora­le des petits poli­ti­ciens à la langue de bois, histoi­re de grap­piller quel­ques voix dans l’électorat des coureurs de jupons.

Contrai­re­ment à l’ex-futur prési­dent qui avait à prio­ri « forcé la main » de sa parte­nai­re, il s’agit dans ce cas d’une liai­son que l’on peut éven­tuel­le­ment quali­fier d’amoureuse, ce même si la fonc­tion crée l’organe ou du moins faci­li­te les occa­sions. Dans le pays du maria­ge pour tous, diffi­ci­le pour les passants inter­viewés de ne pas se montrer indul­gents à l’égard d’un homme qui n’est qu’un homme et à qui certains ont donné leurs voix pour redres­ser le pays. La Fran­ce est dans le domai­ne de l’amour pour tous un pays avant-gardiste et se doit par consé­quent d’entretenir cette image. De là à affir­mer que la pensée est en phase avec les paro­les, le fossé est assez profond pour dissi­mu­ler une hypo­cri­sie bien-pensante impo­sée par la mode.

Peut-être certains Fran­çais sont-ils déçus d’apprendre que leur prési­dent est un homme « normal » alors qu’ils le plaçaient au-dessus des parties. Qu’ils se rassu­rent, c’est en dehors de ses heures de travail que le premier des Fran­çais, rede­ve­nu M. Tout­le­mon­de, enfour­chait … son scoo­ter. C’est sur cet argu­ment que repo­sent les hurle­ments de la clas­se poli­ti­que impo­sant une barriè­re entre vie privée et publi­que. Ces déçus savent doré­na­vant que la fonc­tion de prési­dent de la Répu­bli­que est un métier comme un autre avec des horai­res de travail parfai­te­ment défi­nis et les incon­tour­na­bles vacan­ces.

hollande2Le souci est que cette zone de démar­ca­tion est souvent mise à mal par les inté­res­sés eux-mêmes qui se livrent à un mélan­ge des genres lors­que cela les arran­ge. Il en est ainsi des compa­gnes de respon­sa­bles poli­ti­ques les accom­pa­gnant lors de visi­tes offi­ciel­les. Leur présen­ce est une marque de cette fusion entre vie publi­que et privée aujourd’hui décriée. Ces accom­pa­gnan­tes ne béné­fi­ciant d’aucun titre offi­ciel, elles n’ont rien à faire là, à moins d’accepter que vie publi­que et privée soient inti­me­ment asso­ciées avec des dépla­ce­ments finan­cés par le contri­bua­ble. Idem pour les campa­gnes élec­to­ra­les où il est habi­tuel en Fran­ce et ailleurs d’afficher sa compa­gne à des fins de commu­ni­ca­tion. Un sala­rié peut-il être offi­ciel­le­ment accom­pa­gné de son épou­se ou de sa derniè­re conquê­te lors d’un dépla­ce­ment profes­sion­nel ? La répon­se est clai­re­ment non ! À partir du moment où ces person­nes dési­rent sépa­rer leurs fonc­tions publi­ques de leur vie privée, c’est à elles de ne pas mélan­ger ces deux aspects. 

En publiant ces photos, le maga­zi­ne Closer a ouvert un débat que les poli­ti­ques se sont empres­sés de refer­mer parce que consi­dé­ré gênant pour un certain nombre d’entre eux. Les excur­sions de DSK, le camion de lait de Giscard, la fille cachée de Mitter­rand ou Sarko­sy et Bruni sont des précé­dents repla­çant « l’amourette Hollan­de » dans la « norma­li­tu­de ». La ques­tion de la vie privée se pose non pas aux jour­na­lis­tes qui ne font que suivre la ligne édito­ria­le impo­sée par leur direc­tion, mais aux respon­sa­bles poli­ti­ques. Le problè­me n’est pas que l’intéressé soit ou non marié, ce qui aujourd’hui n’a plus gran­de valeur. Il n’est pas davan­ta­ge ques­tion d’associer l’image de la Fran­ce aux compor­te­ments des prési­dents succes­sifs, la valeur d’un pays allant bien au-delà d’une person­ne. Comme n’importe qui, « tout repré­sen­tant du peuple » a droit au respect de sa vie privée, enco­re fut-il que celui-ci montre l’exemple en se gardant d’exploiter certains éléments de celle-ci à des fins profes­sion­nel­les.

Dans l’état actuel des choses, la ques­tion est : « Qui accom­pa­gne­ra le prési­dent fran­çais (pas Fran­çois Hollan­de) lors de la prochai­ne visi­te offi­ciel­le ? ».