Les voleurs luttent eux-aussi contre la surpro­duc­tion

En Chine de nombreux secteurs de l’économie sont en surpro­duc­tion. Il en est ainsi des biens d’équipements domes­tiques, du secteur auto­mo­bile et de bien d’autres. Si ce surplus est géné­ra­le­ment recon­nu, d’autres aspects de la vie écono­mique chinoise le sont moins en étant moins « relui­sants ». Il en est ainsi des voleurs de télé­phones qui se voient obli­gés de se spécia­li­ser en crou­lant parfois sous un stock impor­tant de produits deve­nus inven­dables.

L’offre étant depuis large­ment supé­rieure à la demande, les marques locales ont le plus grand mal à survivre aux côtés des iPhone et Samsung Galaxy qui trustent une bonne part du marché. Si cette situa­tion est celle consta­tée dans les réseaux offi­ciels de distri­bu­tion, il en est de même pour ceux alimen­tés par les vols sous toutes leurs formes. Ayant de plus en plus de mal à trou­ver des clients pour les marques les moins à la mode, les « spécia­listes de la pince » sont par consé­quent contraints de cibler leurs victimes en repé­rant celles pouvant offrir un des derniers produits de la marque à la pomme et dans une moindre mesure ceux du fabri­cant coréen.

Si un iPhone est aisé­ment repé­rable grâce à son logo spéci­fique, encore faut-il qu’il s’agisse d’un origi­nal et non d’une de ces multiples copies ache­tées pour quelques centaines de yuans. Il faut donc que le voleur prenne le temps de cerner la person­na­li­té de sa proie afin de déter­mi­ner si son appa­reil peut s’avérer être un vrai, l’impression étant forgée par des éléments tels que la manière de s’habiller, l’âge et d’autres éléments exté­rieurs.

Ces études deman­dant plusieurs minutes d’observation, le possible futur volé est donc conscien­cieu­se­ment suivi par des personnes se relayant afin de ne pas éveiller l’attention. Une fois certains de leur coup, les voleurs passent à l’action et n’ont plus qu’à revendre l’appareil déro­bé. La demande est telle qu’un iPhone se revend en quelques minutes à un bon prix alors que les marques plus courantes demeurent plusieurs semaines à attendre un hypo­thé­tique client. Les sanc­tions encou­rues en cas d’arrestation n’étant pas encore venti­lées en fonc­tion de la valeur de l’appareil, autant voler un télé­phone de valeur qu’une fabri­ca­tion chinoise peu rentable.

Ce sont ainsi des gangs spécia­li­sés dans le vol de « pommes » qui agissent dans plusieurs villes, leur nombre étant en rapport direct avec le poten­tiel de victimes. Si cette spécia­li­sa­tion est une bonne nouvelle pour les « patriotes » privi­lé­giant les produits locaux, il en est tout autre­ment pour les ache­teurs d’iPhone qui deviennent une cible majeure pour des voleurs sachant s’adapter à la demande et évitant ainsi des stocks toujours couteux.