Les taxis chinois en panne de logi­ciel

taxiLes auto­ri­tés de plusieurs villes vien­nent d’interdire aux chauf­feurs de taxi l’utilisation d’un logi­ciel les préve­nant d’une deman­de de prise en char­ge. Ce systè­me, inspi­ré de celui en appli­ca­tion en Angle­ter­re, permet­tait aux usagers de trou­ver aisé­ment un taxi en indi­quant le lieu où ils se trou­vaient. Le chauf­feur se trou­vant à proxi­mi­té envoie alors une propo­si­tion de prix qui peut être négo­ciée avant d’être accep­tée.

Si les inté­rêts de ce systè­me sont nombreux, ce tant pour les clients que pour les chauf­feurs de taxi, deux problè­mes majeurs ont pous­sé les respon­sa­bles muni­ci­paux à suspen­dre leur utili­sa­tion. Le premier concer­ne la sécu­ri­té avec des conduc­teurs distraits par l’écran où s’affichent les deman­des. Les clients ayant à faire avec plusieurs chauf­feurs pour une même cour­se, la négo­cia­tion du prix leur impo­se d’être réac­tifs aux offres concur­ren­tes. Plusieurs acci­dents ont été consta­tés avec pour origi­ne l’inattention du chauf­feur ayant les yeux fixés sur son écran.

Le deuxiè­me est lié à l’accès au logi­ciel, celui-ci étant faci­le à télé­char­ger sans qu’il soit deman­dé une certi­fi­ca­tion sur l’identité du chauf­feur du taxi. Les rues des villes chinoi­ses étant comme partout ailleurs sillon­nées de taxis clan­des­tins, le logi­ciel consti­tue une aide majeu­re pour trou­ver des clients sans avoir besoin de trop cher­cher. N’ayant à verser aucu­ne taxe du fait de leurs acti­vi­tés paral­lè­les, ces clan­des­tins n’ont aucun mal à être plus concur­ren­tiels que leurs collè­gues offi­ciels.

Pour les auto­ri­tés chinoi­ses, il n’est pas ques­tion d’enterrer ce systè­me, mais de résou­dre ces deux problè­mes. Il est par consé­quent deman­dé aux déve­lop­peurs de ces logi­ciels de revoir leur copie. D’une part, le logi­ciel ne devra être acces­si­ble qu’aux seuls chauf­feurs de taxi décla­rés et d’autre part le nombre de messa­ges affi­chés doit être réduit en privi­lé­giant la synthè­se voca­le.

Vu le poten­tiel de ce marché, les socié­tés d’informatique produi­sant ces logi­ciels ne vont pas manquer de faire appel à toutes leurs ressour­ces inter­nes et exter­nes afin de répon­dre aux exigen­ces. Une fois dispo­ni­bles, ce qui deman­de­ra sans doute une profon­de refon­te des systè­mes exis­tants, ces logi­ciels devront être certi­fiés par les auto­ri­tés compé­ten­tes. Dépen­ses supplé­men­tai­res pour ces socié­tés qui devront égale­ment budgé­ti­ser un certain nombre d’enveloppes en vue d’obtenir rapi­de­ment cette certi­fi­ca­tion.