Les rouges arrivent. Saison 2

Les rouges arrivent. Saison 2Campagnes napo­léo­niennes, guerre franco-prussienne, première guerre mondiale, deuxième guerre mondiale, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie ont succé­dé aux chro­niques affron­te­ments avec les Anglais, le tout sur fond d’empire colo­nial faisant d’un petit pays, en termes de super­fi­cie et de popu­la­tion, un centre d’intérêt perma­nent.

Durant cette même longue période, se créait sur un autre conti­nent ce qui allait deve­nir les États-Unis dont l’immense majo­ri­té de la popu­la­tion est issue de l’immigration, forcée ou volon­taire.

Si des soldats regrou­pés sous la bannière étoi­lée viennent à plusieurs reprises nous déli­vrer de l’envahisseur, se tisse égale­ment au fil du temps une toile écono­mique et poli­tique diffi­ci­le­ment contes­table en raison de la dette tant morale que finan­cière envers ce pays. Comme le démontrent par la suite les campagnes menées par des personnes comme Mac Carty, le but de ces aides ayant suivi la Deuxième Guerre mondiale a pour objec­tif prin­ci­pal de limi­ter, voire élimi­ner, toute idéo­lo­gie commu­niste, jugée comme étant un danger d’ailleurs bien moins idéo­lo­gique qu’économique.

En remet­tant en effet en ques­tion, tout du moins dans les textes, la notion de proprié­té privée et le fait que la majo­ri­té des richesses d’un pays puissent appar­te­nir à un petit groupe de privi­lé­giés, cette doctrine mettait en péril une classe diri­geante et riche, qui ne voyait pas d’un bon œil devoir parta­ger quoi que ce soit.

La fin des années 80 ont été la preuve mise en avant par les U.S et ses pays satel­lites qu’ils avaient eu raison de lutter contre ce système, nous prou­vant par A + B que celui-ci ne fonc­tion­nait pas. Si ce fait est une réali­té, ils se sont bien gardés de nous aver­tir que le système qui avait été instau­ré, et qui d’après eux, était bien supé­rieur ne fonc­tion­nait pas davan­tage, les deux étant basés sur des arti­fices, par défi­ni­tion éphé­mères.

Les regards rivés sur les deux blocs rivaux, une bonne partie de la popu­la­tion en a tota­le­ment oublié un pays auquel personne ne s’intéressait, et ce, malgré le fait que sa popu­la­tion repré­sente un quart de l’humanité. Abru­tie par de vieux clichés large­ment diffu­sés durant des décen­nies, l’opinion publique occi­den­tale, toujours encline à cher­cher une réponse dans une croyance reli­gieuse, a alors parlé de miracle chinois, alors que dans les faits la montée en puis­sance de ce pays n’a rien de surpre­nant.

Si l’amour rend paraît-il aveugle, il semble qu’il en soit de même pour l’orgueil, tant peu de personnes prévoyaient une telle ascen­sion, et surtout à une telle vitesse. Seule la vision d’une main- d’œuvre à bas coût et inépui­sable était alors à l’ordre du jour, ne pouvant imagi­ner que ce pays long­temps fermé au monde exté­rieur, n’en soit pas pour autant aveugle, et ait pu assi­mi­ler les avan­tages et incon­vé­nients des deux systèmes. Non seule­ment ce pays avance, mais le fait de plus en partie grâce à l’occident lui-même, par l’apport en capi­taux et en ce savoir-faire qui manque encore à des entre­prises qui ont rappelons-le pris le départ avec un handi­cap appa­rent de plus de 50 ans, ce qui ne signi­fie nulle­ment qu’elles courent moins vite que les actuels pays qui cara­colent en têtes, bien que visi­ble­ment fati­gués par un rythme bien trop soute­nu pour eux.

Faute de savoir faire autre­ment, il nous est donc régu­liè­re­ment ressor­ti la série de ces vieux clichés utili­sés lors de la guerre froide, tentant une fois de plus de démon­trer la supé­rio­ri­té d’un système, alors que celui-ci tente de faire bonne figure, étant pour­tant dans un total état d’épuisement.

Si certaines de ces images fixes fonc­tionnent encore auprès d’un nombre de plus en plus restreint, et grâce à l’aide quoti­dienne de médias aussi libres que talen­tueux dans le domaine de la soumis­sion à leurs patrons, elles perdent toute­fois de plus en plus de leur lustre d’autrefois à force d’être vues et revues.

On assure, rassure, dénigre, ce qui semble suffi­sant à certains pour pouvoir encore quelque temps profi­ter d’un système qui a été mis en place par et pour eux. Reste à savoir pour combien de temps encore, ce qui là ne dépend pas d’eux, et est sans doute le nœud du problème.