Les jeunes géné­ra­tions plus frileu­ses que leurs parents

climEn bien­tôt 9 ans, je n’ai jamais consta­té de tempé­ra­tu­re attei­gnant les 0°. La pério­de la plus froi­de débu­te en moyen­ne à la mi-décembre pour se termi­ner dès la fin février. Les varia­tions de tempé­ra­tu­re sont par contre impres­sion­nan­tes avec de fortes bais­ses ou haus­ses en seule­ment quel­ques heures. C’est ainsi que cette année, les 10° de la veille du Nouvel An chinois ont lais­sé leur place à des tempé­ra­tu­res attei­gnant les 28°, ce qui n’a pas manqué de faire grima­cer les commer­çants. Les anoraks de saison n’étaient en effet que peu regar­dés par des passants en tee-shirts, ce malgré les rabais prati­qués à l’occasion des fêtes.

Après cette semai­ne esti­va­le, l’hiver est reve­nu en force avec des tempé­ra­tu­res ne dépas­sant pas les 7°. Bien plus que les tempé­ra­tu­res loin d’être celles du nord du pays, c’est le taux élevé d’humidité qui ampli­fie l’impression de froid. De nombreux loge­ments datant des années 80, l’isolation ther­mi­que (et phoni­que) se résu­me à rien ou à pas grand-chose. Pour les ancien­nes géné­ra­tions, le froid fait partie des habi­tu­des de vie au même titre que la pluie ou la chaleur. Contrai­re­ment aux Fran­çais (dont je suis) où trois jours consé­cu­tifs de pluie affec­tent le moral, les Chinois font avec en partant du prin­ci­pe que rien ne peut contrer les capri­ces de la natu­re.

charbonIl en est tout autre­ment pour les plus jeunes qui ne se satis­font que diffi­ci­le­ment du réci­pient conte­nant quel­ques morceaux de char­bon de bois. Ils veulent profi­ter au maxi­mum du confort asso­cié à un loge­ment neuf et n’entendent donc pas se conten­ter des trois ou quatre degrés supplé­men­tai­res donnés par ce moyen de chauf­fa­ge inchan­gé depuis des siècles.

Des clima­ti­seurs équi­pant la plupart de ces loge­ments, la réver­si­bi­li­té de ces appa­reils trou­ve toute son utili­té. Des 7 à 8° qui régnaient autre­fois dans la plupart des loge­ments, ce sont aujourd’hui plus de 20° qui permet­tent d’évoluer sans avoir besoin de garder son manteau. Fonc­tion­nant quasi­ment toute l’année en y ajou­tant la fonc­tion permet­tant de déshu­mi­di­fier l’atmosphère, les clima­ti­seurs offrent un confort impen­sa­ble il y a seule­ment quel­ques années.

La contre­par­tie est une factu­re d’électricité en haus­se pour les utili­sa­teurs et une deman­de supplé­men­tai­re d’énergie à laquel­le doit répon­dre la compa­gnie char­gée de l’approvisionnement. En 3 ans, la majeu­re partie du réseau élec­tri­que a été recons­truit, ce tant pour répon­dre à la deman­de actuel­le que pour anti­ci­per la venue de plusieurs milliers de nouveaux habi­tants. Dans quel­ques mois sera mise en servi­ce la nouvel­le centra­le (char­bon) qui donne­ra plus de marge pour la capi­ta­le de région toute proche et ses envi­rons. Pour le consom­ma­teur, le supplé­ment est d’environ 500 yuans pour les deux mois d’hiver, les clima­ti­seurs ne fonc­tion­nant toute­fois pas toute la jour­née et pas tous les jours comme expli­qué en intro­duc­tion.

Le point noir reste l’isolation, les loge­ments neufs n’étant guère plus isolés que les construc­tions précé­den­tes. Les déper­di­tions sont de fait impor­tan­tes, la plupart des habi­tants ne voyant pas enco­re l’intérêt d’une isola­tion effi­ca­ce. Pour­tant aussi utile l’été que l’hiver, le coût rela­ti­ve­ment faible du kilo­watt (0,5 yuan) et l’investissement néces­sai­re font de l’isolation un élément enco­re négli­gé. Sans doute les géné­ra­tions futu­res d’occupants et surtout celles des construc­teurs immo­bi­liers seront-elles plus regar­dan­tes sur cet aspect concer­nant les écono­mies d’énergie et la protec­tion de l’environnement.