Les intel­lec­tuels fran­çais et la chine au XVIIIe siècle – Voltai­re (1)

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Au XVIIIe siècle, la Chine béné­fi­cie d’un large engoue­ment parmi les intel­lec­tuels euro­péens. Rous­seau (1712–1778), Helve­tius (1715–1771), Dide­rot (1713–1784) et surtout Voltai­re (1694–1778) déve­lop­pent une curio­si­té tein­tée d’admiration pour ce pays si peuplé. Pour Montes­quieu (1689–1755), la Chine figu­re dans sa typo­lo­gie des Etats décri­te dans L’Esprit des Lois. Pour Ques­nay (1694–1774) et Turgot (1727–1781), la philo­so­phie chinoi­se de la loi natu­rel­le justi­fie leur gouver­ne­ment fondé sur la supé­rio­ri­té de la liber­té des échan­ges.[i] L’Europe se montre égale­ment sensi­ble aux dimen­sions artis­ti­ques, ampli­fiant ainsi la fécon­di­té des contacts déve­lop­pés dès la fin du XVIe siècle.

Toute­fois, c’est proba­ble­ment Voltai­re qui traduit le mieux la percep­tion des intel­lec­tuels fran­çais. Après avoir exami­né les sour­ces de ses connais­san­ces sur la Chine et son inter­pré­ta­tion person­nel­le de cette civi­li­sa­tion, nous envi­sa­ge­rons l’interrogation à laquel­le Ting Tchao-Ts’ing appor­te un éclai­ra­ge stimu­lant : « Quel­les sont les raisons qui pous­saient les écri­vains et les philo­so­phes à parler d’un pays qu’ils n’étudiaient que par l’intermédiaire des mission­nai­res et des voya­geurs[ii]

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