Les Fran­çais sont-ils maso­chistes ?

ArmeL’Inde est souvent présen­tée comme étant le pays devant supplan­ter la Chine dans les années à venir. Si cette chan­son est enten­due depuis main­te­nant des années, et finit par ressem­bler à une appli­ca­tion de la méthode Coué. Il semble toute­fois qu’elle ne soit guère écou­tée par grand monde, et surtout pas par les Fran­çais qui, telles des baleines guidées par un instinct auto­des­truc­teur, conti­nuent d’aller s’échouer dans un pays répu­té pour la dure­té de son système poli­tique, et ce, face à la quasi parfaite et très démo­cra­tique Inde, image régu­liè­re­ment donnée par les médias, ou qui « oublie » d’en parler, préfé­rant se concen­trer sur un pays qui à leurs yeux repré­sente ce qu’il existe de pires au monde.

Il n’est nulle­ment ques­tion pour moi d’opposer les deux pays, eux-mêmes s’en gardant bien, d’ailleurs au grand dam de ces mêmes médias qui seraient assez heureux d’un conflit armé ou autres, histoire de remplir quelques colonnes supplé­men­taires. Non, il s’agit de rele­ver simple­ment une bizar­re­rie qui me fait douter de l’état mental de mes compa­triotes, du moins en fonc­tion des éléments déjà cités et ceux à venir.

Pour vous donner un élément de compa­rai­son, voici deux liens de sites trai­tant chacun d’un de ces deux pays, l’agence de presse étant la même, cela faci­lite d’autant plus la mise en paral­lèle, il s’agit donc d’aujourdhuilachine.com et de aujourdhuilinde.com (ne me remer­ciez pas Hika­ri, c’est avec plai­sir) qui ont de plus été créés selon le WHOIS à la même époque.

Vous consta­te­rez aisé­ment que si les articles sur la Chine sont souvent abon­dam­ment commen­tés, ceux sur l’Inde restent majo­ri­tai­re­ment vides. Il faut dire à la décharge de la version indienne que les articles sont très rare­ment raco­leurs et polé­miques, alors que la même version chinoise est un must en matière d’attrape-mouches. Toujours est-il que les expa­triés Fran­çais en Inde ne semblent pas telle­ment avoir envie de vanter les quali­tés du pays où ils résident, peut-être afin de ne pas atti­rer des milliers de congé­nères concur­rents dans leur para­dis.

Il faut dire égale­ment que malgré la publi­ci­té faite sur « la plus grande démo­cra­tie du monde », les expa­triés fran­çais atteignent diffi­ci­le­ment les 10 000, alors qu’ils sont autour de 35 000 en Chine. Ces chiffres sont d’autant plus bizarres, que l’Inde est un pays ouvert depuis fort long­temps, alors que la Chine n’accepte les étran­gers en masse que depuis une tren­taine d’années. Ces 10 000 expa­triés fran­çais en Inde repré­sentent à quelque chose près la commu­nau­té des expa­triés de la ville de Shan­ghai, ce qui donne un aper­çu de l’état psychique de ces pauvres malheu­reux immi­grés en Chine.

Certains me diront que beau­coup d’entre eux y vont plus ou par force pour des raisons profes­sion­nelles, ce qui est vrai, mais qui peut se trans­po­ser de la même manière du côté Indien.

D’autres me diront que cette inver­sion de tendance devrait voir le jour d’ici peu, le problème étant que j’entends cela depuis des années sans voir venir grand-chose, même si certaines entre­prises ont délo­ca­li­sé vers l’Inde. Lorsque ce phéno­mène s’avère vrai, certaines socié­tés telles récem­ment Honda ou Toyo­ta ne délo­ca­lisent même pas dans ce pays d’avenir, mais au Viet­nam, une autre dicta­ture commu­niste.

En fait, et assez para­doxa­le­ment, la seule chose qui pour­rait pous­ser un certain nombre d’expatriés vers la porte de sortie serait que, le niveau de vie s’élevant trop, leurs reve­nus tirés de leur pays d’origine ne leur permettent plus de vivre conve­na­ble­ment en Chine, ou pour certains d’entre eux, d’y faire « les beaux ». Je reste toute­fois très perplexe quant au fait de voir ces milliers d’expatriés appau­vris se rendre en Inde pour y trou­ver l’eldorado convoi­té, et parie bien plus sur un retour à la case départ, et pour certains d’entre eux, en passant par celle indi­quant, non pas Rue de la Paix comme au Mono­po­ly, mais bien plus Pôle Emploi.

Si ce jour n’est pas pour demain, il l’est sans doute pour avenir bien plus proche que celui si souvent prédit de voir l’Inde dépas­ser son voisin, ce qui aurait pour­tant un effet posi­tif pour la Chine du fait que deve­nu subi­te­ment moins présen­table pour cause de concur­rence écono­mique, l’Inde pren­drait la place sa place en matière de désin­for­ma­tion et autres critiques plus ou moins justi­fiées.

Conclu­sion, si vous aviez envie d’apprendre l’hindi à la place du manda­rin, je vous conseille d’y réflé­chir à deux fois.