Les Fran­çais, ethnie domi­nante en France

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« …des acti­vistes ouïgours, quali­fiés de « terro­ristes » par Pékin, s’en prennent aux Hans, l’ethnie domi­nante en Chine mais mino­ri­taire dans le Xinjiang. ». Ces mots sont extraits d’un article publié par Le Figa­ro avec pour auteur le très forma­té corres­pon­dant perma­nent Patrick Saint-Paul. Sans doute sa vision des choses a-t-elle été défor­mée durant son emploi sala­rié pour le même média, mais cette fois en Israël, pays où l’occupation illé­gale est une réali­té toute autre que celle du Xinjiang ou même du Tibet. Pas ques­tion par contre dans ce même média de trou­ver ceci :

« …des acti­vistes corses, quali­fiés de « terro­ristes » par Paris, s’en prennent aux Fran­çais, l’ethnie domi­nante en France mais mino­ri­taire en Corse. ». 

Ce terme d’ethnie domi­nante Han, argu­ment suprême des jour­na­leux en mal de connais­sances, Saint-Paul n’est pas le premier à utili­ser cet outil faisant partie de la pano­plie offerte à tout jour­na­liste fran­çais envoyé en Chine. Patrick Saint-Paul venant d’arriver dans ce pays, il aura tout le temps d’en apprendre son passé entre deux cock­tails dans les cercles des intel­lec­tuels chinois du style Ai Weiwei et autres deman­deurs d’asile doré aux USA. Visi­ble­ment, la forma­tion du succes­seur d’Arnaud de La Grange n’a reçu qu’un ensei­gne­ment super­fi­ciel sur l’histoire de son propre pays. Dans ma grande bonté natu­relle, je vais modes­te­ment tenter de remé­dier à cette lacune.

Ce qui sera une révé­la­tion pour Patrick Saint-Paul est d’autant plus inté­res­sant que l’histoire de la construc­tion de la France est très proche de celui de la Chine. La connais­sance de l’une lui aurait donc été très utile pour comprendre l’autre, ce même si son emploi au Figa­ro lui impose une ligne de pensée unique.

Comme on peut le consta­ter sur les cartes ci-dessous, c’est l’annexion totale de terri­toires précé­dem­ment vassaux qui ont donné sa forme actuelle à la France. Trai­tés, mariages et prises de force ont ainsi permis à l’ethnie deve­nue domi­nante de s’imposer. Le Fran­cien est deve­nu au fil du temps la langue commune indis­pen­sable aux échanges commer­ciaux. Chaque popu­la­tion des anciens terri­toires vassaux se sont vu impo­ser le Fran­çais comme langue unique. Cette expan­sion terri­to­riale a même dépas­sé les fron­tières, l’ethnie domi­nante en France annexant à nouveau de nombreux terri­toires aux quatre coins de la planète. C’est ainsi que la Nouvelle-Calédonie et d’autres ont vu leurs cultures dispa­raître du fait du nivel­le­ment linguis­tique et cultu­rel de l’ethnie domi­nante fran­çaise.

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En bleu, le terri­toire royal en 1030 En bleu, le terri­toire royal en 1180 En bleu, le terri­toire royal en 1600

En 1831, M. de Monta­li­vet, ministre de l’Enseignement, déclarait :

« Il faut par tous les moyens possibles, favo­ri­ser l’appauvrissement, la corrup­tion du breton, jusqu’au point où, d’une commune à l’autre, on ne puisse pas s’entendre […], car alors la néces­si­té de commu­ni­ca­tion obli­ge­ra le paysan d’apprendre le fran­çais. Il faut abso­lu­ment détruire le langage breton. » 

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