Les expa­triés en Chine ? Tous des fils à papa !

Les expatriés en Chine ? Tous des fils à papa !Pour certaines personnes les expa­triés sont des nantis du système, cumu­lant les nombreux avan­tages d’un double salaire, en plus du fait de vivre dans un pays plus ou moins exotique.

Si ces situa­tions existent bel et bien, elles se font d’abord rares du fait de la géné­ra­li­sa­tion progres­sive des contrats locaux, et n’ont de plus jamais été une règle géné­rale. Il faut ajou­ter à cette classe de personnes les étudiants qui eux ne perçoivent majo­ri­tai­re­ment aucun salaire, si ce ne sont les quelques petits boulots venant complé­ter un budget parfois diffi­cile à boucler. Il en est de même pour les « fils à papa » venus cher­cher quelques « émotions fortes » dans un pays plus ou moins à risque, cette popu­la­tion, bien que réelle, étant loin là aussi de reflé­ter une réali­té de terrain.

Si en chine, la commu­nau­té des expa­triés fran­çais ne cesse d’augmenter, elle est compo­sée de toutes ces diffé­rentes origines qui vont donc de l’étudiant au cadre supé­rieur envoyé par son entre­prise. Si de nombreux articles relatent assez régu­liè­re­ment les expé­riences de quelques « explo­ra­teurs » modernes, il est rare­ment fait état d’un nombre pour­tant consé­quent de ceux-ci, dési­rant il est vrai conser­ver un certain anony­mat.

Un indi­ca­teur de cette classe anonyme se trouve dans les listes consu­laires recueillant les noms et les lieux d’habitations des expa­triés. En 2009, les services char­gés de ce recen­se­ment dénom­braient 26 000 personnes inscrites, esti­mant à 8600 le nombre d’expatriés n’ayant pas fait cette démarche qui n’est pas obli­ga­toire, mais gratuite. Si parmi ces « non-inscrits » on peut trou­ver quelques distraits, c’est à coup sûr dans cette partie de la liste que l’on compte le plus de personnes n’ayant pas le droit de travailler en Chine, du moins de manière offi­cielle.

Les contrats d’emplois se révé­lant parti­cu­liè­re­ment stricts en ce qui concerne les étran­gers, ce sont parti­cu­liè­re­ment les établis­se­ments scolaires qui vont s’attacher les services d’un expa­trié, donnant ainsi quelques heures de cours en échange d’une souvent faible rému­né­ra­tion. Viennent ensuite les personnes qui, plus ou moins amou­reuses de ce pays, se trans­forment à l’occasion en guide, faisant ainsi visi­ter un pays à un groupe d’amis ou de connais­sance en échange là aussi d’une rému­né­ra­tion.

Très souvent sous le couvert d’une épouse Chinoise, un certain nombre vont tenir un petit commerce, qu’il soit saison­nier ou non, et tout cela, sous le regard plus ou moins complai­sant de l’administration Chinoise, qui est loin d’être dupe de ces pratiques, mais tout le monde y trou­vant son inté­rêt, laisse faire tant qu’aucun accroc ne survient. C’est ainsi qu’il y a quelques années, une connais­sance fran­çaise qui profes­sait quelques heures dans une école de la région a été véri­fiée par la police dans son établis­se­ment, et ce, non pas lors d’une de ces périodes épiso­diques que connaît ce pays dans bien des secteurs, mais en raison de la dénon­cia­tion d’un compa­triote qui s’était vu refu­sé un emploi. Les poli­ciers lui ont deman­dé de stop­per son cours, de s’acquitter d’une amende de 200 RMB, et tout en la raccom­pa­gnant à la porte de l’école, un des poli­ciers lui a deman­dé de ne pas reve­nir avant le lende­main.

Si les auto­ri­tés sont pour l’instant peu regar­dantes sur le sujet, c’est parce que, comme dit plus haut, elles y trouvent leur inté­rêt, répon­dant ainsi à une demande, tout en se réser­vant à tout moment le droit de faire cesser ces pratiques, mettant alors en avant l’aspect illé­gal de ces acti­vi­tés. Que les expa­triés concer­nés se rassurent, ce n’est pas demain la veille qu’ils seront expul­sés, même si certaines modi­fi­ca­tions concer­nant les longs séjours devaient être mises en appli­ca­tion en fin d’année, ou en début de l’autre.

Bien souvent, ces expa­triés, Fran­çais ou autres, viennent cher­cher dans ce pays soit un dépay­se­ment indis­pen­sable à leur équi­libre, soit pour­suivent l’espoir de récol­ter quelques miettes de la crois­sance Chinoise, ce que leur pays d’origine dans les deux cas ne semble pas pouvoir leur donner, du moins dans l’immédiat. Rares sont en effet ceux qui séjournent dans ce pays par amour de l’idéologie prônée par le parti au pouvoir, même si le choix déli­bé­ré pour ce pays les expose souvent aux quoli­bets ou remarques désa­gréables de quelques inté­gristes de la pensée huma­nistes, pour­tant bien souvent dans la même situa­tion, mais qui en raison de leur propre endoc­tri­ne­ment ont du mal à avouer que vivre en Chine est loin d’être l’enfer qu’ils relatent parfois sur certains lieux de discus­sion.

Bien loin donc des clichés entre­te­nus volon­tai­re­ment par certains qui voient dans cette classe d’expatriés des privi­lé­giés, ce sont parfois de vraies « galères » que doivent vivre ces personnes, qui ont au moins ce courage de tenter quelque chose, ce qui n’est souvent pas le cas de ces mêmes criti­queurs bien instal­lés dans leur confort occi­den­tal. Si ce choix de vie s’avère parfois diffi­cile, rares sont ceux qui en font état, préfé­rant assu­mer leur rêve que de regret­ter par la suite ce qu’ils auraient pu faire, mais n’ont pas réali­sé par manque de courage ou de confiance en eux-mêmes