Les effets néga­tifs des nais­sances multiples

Alors que la poli­tique de l’enfant unique est souvent sujette à polé­mique dans son appli­ca­tion, risque de se poser d’ici à quelques années le problème des nais­sances multiples. En expo­nen­tielle augmen­ta­tion ces dernières années grâce aux progrès de la méde­cine, ces doublons sont appe­lés en gran­dis­sant à poser un certain nombre de soucis.

Si la nais­sance simul­ta­née de deux enfants ou plus est en effet écar­tée du domaine d’application de l’enfant unique avec ses taxes plus ou moins rever­sées dans les caisses locales demeurent des frais liés à cette multi­pli­ca­tion. Parmi ceux-ci figurent les frais de scola­ri­té qui passé le second cycle d’études sont à la charge des parents, ce même si des aides finan­cières ou des avances peuvent être obte­nues de la part des collec­ti­vi­tés locales.

C’est à ce problème que viennent d’être confron­tées deux sœurs jumelles de Liuz­hou dans le Guangxi, ville répu­tée pour ses piran­has. Bien qu’ayant toutes les deux réus­si leur examen d’entrée à l’université, Yuan et Shan avaient déci­dé dans un premier temps d’abandonner leurs études pour raisons finan­cières. Leur mère étant décé­dée il y a 4 ans et leur père quelques années aupa­ra­vant, c’est leur oncle qui les a pris en charge malgré des reve­nus plus que modestes. Connais­sant ces limites finan­cières, les deux sœurs avaient donc déci­dé d’aller travailler pour à leur tour venir en aide à leur oncle malgré la ferme oppo­si­tion de celui-ci allié à certains ensei­gnants.

Le score obte­nu lors de l’examen étant large­ment au-dessus de la moyenne régio­nale, les respon­sables de la ville ont alors propo­sé de finan­cer l’ensemble de la scola­ri­té des jumelles, ce qu’elles ont fini par accep­ter. Le problème majeur qui s’est alors soule­vé est que ne pensant pas pour­suivre leurs études, les deux jeunes filles ne se sont inscrites dans aucune univer­si­té. Les dossiers des candi­dats étant exami­nés aussi­tôt connus les résul­tats, il ne restait donc que très peu de places. Grâce là encore à l’intervention des auto­ri­tés locales les deux sœurs ont pu être inscrites, mais par contre pas dans le même établis­se­ment. Si l’une d’entre elles demeure dans le Guangxi, l’autre se voit obli­gée de s’expatrier vers le Yunnan, ce qui repré­sente pour elles une véri­table déchi­rure puisque jamais sépa­rée depuis leur nais­sance.

Après avoir été un moment réti­centes sur cette admis­sion sépa­rée, Yuan et shan ont fini par accep­ter cette situa­tion en étant heureuses de pouvoir pour­suivre leurs études sans l’aide de leur oncle. Ce genre de situa­tion est appe­lée à se multi­plier lors des années à venir en raison du nombre de nais­sances multiples. Les collec­ti­vi­tés accep­te­ront elles de multi­plier le même genre de soutien que pour les deux sœurs de Liuz­hou ? Rien de moins sûr car cela ouvri­rait la porte à des abus et au mécon­ten­te­ment de parents ayant eu un seul enfant.