Les dangers des feux d’artifice face à la tradi­tion

chine

Un hôtel à Shenyang, la capi­tale du Liao­ning, un temple vieux de 1000 ans situé à Fuzhou , chef-lieu du Fujian, tels sont les dégâts maté­riels causés par des feux d’artifice ayant ensuite provo­qué des incen­dies. Le bilan est plus lourd à Hangz­hou dans le Zhejiang où 6 personnes ont trou­vé la mort à la suite d’un feu de forêt là encore déclen­ché par le tir d’un feu d’artifice.

Chaque année, ce sont ainsi des dizaines de personnes qui décèdent ou sont grave­ment brûlées. À ces morts ou bles­sés s’ajoute le coût des immeubles partant en fumée, allon­geant ainsi la longue liste des acci­dents liés à cette période qui se veut festive. Si plusieurs villes ont inter­dit l’utilisation des pétards et fusées en dehors de lieux très précis et surveillés, il est diffi­cile pour les auto­ri­tés chinoises de chan­ger du jour au lende­main une tradi­tion vieille de plusieurs siècles.

Écono­mi­que­ment, une inter­dic­tion ou une simple limi­ta­tion ruine­rait un secteur impor­tant de l’activité marchande, et ce, en plus de provo­quer le mécon­ten­te­ment d’une bonne partie de la popu­la­tion. Pour des enfants profi­tant de cette période pour faire explo­ser des tonnes de pétards et autres arti­fices, il est impen­sable de faire parfois plusieurs kilo­mètres pour se rendre sur un terrain dédié, de plus que ceux-ci se font rares.

Dans la grande majo­ri­té des cas, ce sont des fusées qui en retom­bant sur les toits des maisons provoquent ces incen­dies. Bon nombre d’habitations étant vidées de leurs occu­pants en cette période de fête, le feu n’a ensuite aucun mal à se propa­ger au reste de l’immeuble. Si les respon­sables chinois réflé­chissent à une loi inter­di­sant la vente aux parti­cu­liers de fusées pouvant atteindre une certaine hauteur, ce projet se heurte au fait que plus de la moitié de ces produits sont fabri­qués sans la moindre auto­ri­sa­tion, et de fait le moindre contrôle. Une telle mesure ne ferait donc que péna­li­ser les socié­tés offi­cielles, leur cata­logue deve­nant moins compé­ti­tif auprès des clients en raison de cette restric­tion de hauteur.

La seule possi­bi­li­té réside dans l’information sur les risques que font courir ces tirs, ce qui doit se faire tant auprès des parents que des enfants. Là encore, cela paraît diffi­cile dans un pays où cette période de vacances est atten­due avec impa­tience pour juste­ment passer le plus clair de son temps à faire explo­ser tous ces feux multi­co­lores. S’il n’est donc pas pensable à une déci­sion auto­ri­taire, c’est le temps qui pour­ra le mieux servir cette infor­ma­tion qui condui­ra alors à plus d’attention et à moins d’accidents.