Les Chinois et la retraite : plus tard, mais pas pour tout le monde

Depuis son instau­ra­tion au début des années 1950, l’âge de départ à la retraite n’a pas été modi­fié. 50 ans pour les femmes occu­pant un emploi fati­guant et ne requé­rant pas de grande quali­fi­ca­tion et 55 ans pour les autres, 55 et 60 ans pour les hommes suivant le même sché­ma. À cette époque, l’espérance de vie tour­nait aux alen­tours de 60 ans et ne posait donc aucun problème de finan­ce­ment.

Avec 14 ans à vivre de plus en moyenne, les problèmes se pointent à l’horizon et la simple évoca­tion de chan­ge­ments à venir n’est pas sans créer de remous dans la popu­la­tion chinoise. Les experts qui se penchent depuis quelque temps sur ce qui à terme devien­dra un danger social s’il n’est pas trai­té avant sont arri­vés à des conclu­sions qui devraient servir ensuite de base à un projet de loi.

Pour les employés non quali­fiés, l’âge de départ ne devrait pas être modi­fié, du moins tant que l’offre est supé­rieure à la demande. Il ne sert en effet à rien de conser­ver un travailleur âgé à un poste alors qu’un plus jeune fera autant l’affaire. L’accès à la retraite anti­ci­pée devrait même être rendu plus aisé pour cette classe de travailleurs, ce qui permet­tra d’embaucher une main-d’œuvre plus dyna­mique.

Pour les personnes très quali­fiées, l’âge de départ pour­rait être progres­si­ve­ment repous­sé d’une année tous les cinq ans avec un maxi­mum fixé à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Les experts expliquent que ces personnes étant encore rela­ti­ve­ment rares dans le pays, se priver de leurs services est domma­geable pour la socié­té dans son ensemble. En compen­sa­tion des années ainsi « données » en supplé­ment, elles pour­raient voir leurs salaires majo­rés ainsi que leurs pensions.

Reste « le plus gros de la troupe » qui est repré­sen­té par le nombre de plus en plus impor­tant de jeunes diplô­més évoluant entre les deux extrêmes décrits plus haut. Pour eux l’âge de départ pour­rait être modu­lé tant en fonc­tion de l’offre et de la demande du moment que de leurs valeurs profes­sion­nelles. Là encore c’est un salaire au mérite qui vien­dra récom­pen­ser ceux qui se verront partir en retraite plus tard que leurs collègues de travail.

Le plus dur reste­ra toute­fois à faire avaler cette pilule, ce même si les menta­li­tés changent et vont vers plus de souplesse en étant conscientes de la réali­té. Ce qui est certain est que le futur système sera large­ment modu­lable et assez souple pour ne pas créer de vagues sociales dévas­ta­trices.