Les « bols de riz dorés » veulent être mieux consi­dé­rés

Cette appel­la­tion de « bol de riz doré » est celle commu­né­ment attri­buée aux fonc­tion­naires d’État au nom de suppo­sés privi­lèges (horaires de travail moins impor­tants, vacances pas chères à l’étranger, avan­tages en nature). Assis dans un bureau à lire les jour­naux, la jolie secré­taire assise sur ses genoux, le tout en fumant quelques ciga­rettes offertes par un géné­reux contri­buable, telle est l’image encore tenace du fonc­tion­naire chinois. Il n’est dès lors pas surpre­nant que ces emplois soient parti­cu­liè­re­ment recher­chés, quitte à aider finan­ciè­re­ment le destin au travers de quelques rela­tions payantes.

C’est en grande partie pour cette raison que cette année ils sont encore plus de 2 millions à passer l’examen d’entrée dans la fonc­tion publique tout en sachant que moins de 10 % seront accep­tés. Si la stabi­li­té des salaires, les avan­tages sociaux sont pour une part dans ces voca­tions à servir l’État, c’est égale­ment pour certains avec l’espoir de se servir eux-mêmes. Pour les candi­dats ayant passé les épreuves avec succès, rien ne vient pour autant garan­tir un emploi. Il s’agit alors de soigner ses rela­tions afin que celles-ci inter­viennent auprès du déci­deur. Certains des préten­dants ne se présentent même à l’examen qu’après s’être assu­ré de la soli­di­té de leur guan­xi (réseau rela­tion­nel), les épreuves n’étant qu’une forma­li­té admi­nis­tra­tive.

« Tous des plan­qués » ? Pas plus qu’en France ou ailleurs, les privi­lé­giés cachant la forêt des personnes pour qui il ne s’agit que d’un emploi comme un autre. Entre le cadre char­gé des services de l’urbanisation ou des parcs d’une ville et le profes­seur à la tête de 70 enfants turbu­lents la diffé­rence est énorme. C’est cet écart entre ce qui est trop souvent présen­té comme une géné­ra­li­té et une masse de travailleurs anonymes que de nombreux fonc­tion­naires veulent souli­gner en calmant haut et fort « Nous ne sommes pas tous des corrom­pus ». Ce message passe-t-il auprès de l’opinion publique ? Visi­ble­ment pas puisque comme indi­qué plus haut ils sont 2 millions à tenter d’entrer dans la fonc­tion publique.