Le syndrome du « Nid vide » : pour­quoi vivre sans ses enfants ?

Avec le profond chan­ge­ment de mode de vie impo­sé depuis ces dernières décen­nies de nouvelles affec­tions ont fait leur appa­ri­tion en causant de nombreux ravages parmi la popu­la­tion. Si les effets de la pollu­tion et le stress sont des éléments communs à de nombreux pays indus­tria­li­sés, la Chine se démarque par une spéci­fi­ci­té dénom­mée « syndrome du nid vide ». Touchant en grande majo­ri­té les personnes âgées, ce qui peut être perçu comme un aspect pure­ment senti­men­tal se révèle être la cause de nombreux troubles physiques, amenant ces personnes à devoir regar­der de plus près le prix d’un monte-escalier, par exemple.

La soli­tude des personnes âgées a beau être en effet commune dans bien des pays, la tradi­tion forte de la famille, des grands-parents élevant l’enfant de leur fils ou fille et se redon­nant ainsi un coup de jeunesse a été durant des siècles des bases de la socié­té chinoise. De nos jours, les enfants sont mis tôt à la crèche par des parents souvent éloi­gnés de plusieurs centaines ou milliers de kilo­mètres de leur lieu de rési­dence origi­nal. Dès lors le loge­ment devient un nid vide seule­ment occu­pé par des couples âgés passant le temps entre de leurs enfants ne se dépla­çant que pour les grandes occa­sions.

Le travail et la famille ayant été durant la majeure partie de leur vie les seuls axes de vie, perdre les deux crée ce vide propice à la dépres­sion et à diverses mala­dies atta­quant un corps n’éprouvant plus le désir de se défendre. Avec une hausse annuelle constante, la Chine compte envi­ron 30 % de « nids vides », ce ratio pouvant atteindre 80 % dans des zones rurales où les jeunes ont dû migrer vers les zones côtières pour des raisons profes­sion­nelles.

Bien que les acti­vi­tés orga­ni­sées pour cette partie de la popu­la­tion se déve­loppent, le manque d’habitude dû à la trans­mis­sion de la tradi­tion fami­liale fait que ces personnes ont le plus grand mal à rejoindre un groupe consti­tué de seuls « étran­gers », la distrac­tion ne pouvant gommer la respon­sa­bi­li­té de cette mission autre­fois confiée consis­tant en la garde du petit-fils ou de la petite-fille ainsi qu’à devoir faire quoti­dien­ne­ment les courses avant de prépa­rer le repas pris en famille.

Le secteur médi­cal prend pour sa part très au sérieux une situa­tion qui ne fait qu’empirer qu’empirer en élabo­rant divers trai­te­ments spéci­fiques capables de réduire l’anxiété, mais égale­ment de nombreuses douleurs chro­niques induites par ce syndrome. La préven­tion et le dépis­tage précoce de ces cas de « grande soli­tude » font l’objet de nombreux spots télé­vi­sés à desti­na­tion des plus jeunes, tentant ainsi de sensi­bi­li­ser des géné­ra­tions moins atta­chées aux tradi­tions et ce souvent par force.