Le siècle des lumières est bien révo­lu.

VinLes médias fran­çais sont indé­crot­tables dans leur vision de la Chine, et malgré les hautes études faites par leurs jour­na­listes, ne peuvent sortir des sempi­ter­nels clichés sur ce pays.
Impos­sible de trou­ver par exemple un article sur le Tibet sans y voir la photo d’un moine et on pour­rait finir par croire que cette région est unique­ment peuplée de reli­gieux qui passent leur temps à faire tour­ner leurs moulins à prière. Ces mêmes personnes qui se prévalent d’être issu de la patrie des droits de l’homme semblent faire bien peu de cas de la popu­la­tion qui travaille, ne la rencon­trant sans doute jamais.


Ce pari­sia­nisme exacer­bé est le reflet de ce que certains voudraient nous faire passer pour un senti­ment haute­ment intel­lec­tuel alors qu’il n’est que le miroir d’une classe sociale bedon­nante d’orgueil et de mépris plus ou moins caché pour des personnes qui n’appartiennent pas à leur caste de nantis. Vous pouvez retrou­ver ce même « style » dans les écrits d’un certain nombre de « bobos » qui sévit ici ou là, sous le trait d’intellectuels ayant plus lu que vécu et qui se contentent de répé­ter inlas­sa­ble­ment la leçon apprise par leurs maîtres à penser, qu’il est toujours bon de citer, histoire d’avoir une réfé­rence crédible.

Derrière ces médias se cache une partie de l’opinion publique qui ne peut se forger son propre avis, tant son quotient intel­lec­tuel est limi­té et ne peut que réci­ter le dernier article émanant du mentor à la mode. On prend donc des posi­tions sans toute­fois en assu­mer aucun des risques, lais­sant aux personnes vivant sur place le soin de suppor­ter les retom­bées de leurs écrits ou de leurs paroles.
À écrire sans risque, on triomphe sans gloire, telle pour­rait être la devise de ces personnes dont la seule raison d’exister est de se mouler dans l’environnement du moment afin de rassu­rer sa conscience ou d’assurer surtout ses fins de mois.

Ardents défen­seurs des droits de l’homme, quand ceux-ci sont maltrai­tés ailleurs que chez eux, ces exilés se complaisent dans des critiques, qui sans toujours être toujours fondées, leurs permettent de s’élever à un rang qu’ils sont inca­pables d’avoir dans leur propre pays en tendant de faire croire qu’il suffit d’avoir lu quatre livres pour être en mesure de donner son avis éclai­ré sur tel ou tel problème.
La France pays des lumières est deve­nue au fil du temps un pays de doux rêveurs pour qui le passé colo­nial ne doit être évoqué qu’en termes feutrés et pour qui nos ennuis chro­niques avec des popu­la­tions non conti­nen­tales n’ont aucun rapport avec ce qui se passe dans leur pays d’accueil.

La Chine, qui au fil des années est deve­nue le terrain de prédi­lec­tion de ces prédi­ca­teurs au rabais, subit de plein fouet cette vindicte média­tique qui n’a pour but que de se trou­ver un combat à mener, faisant ainsi suite à celui, conduit par le passé par nos évan­gé­listes, qui appor­taient aux peuples indi­gènes la parole de dieu alors que ceux-ci avaient avant tout besoin de manger à leur faim et qui n’aspiraient qu’au même confort de vie consta­té chez ces mêmes colo­ni­sa­teurs.

Ces peuples « barbares » qui nous ont, plus ou moins genti­ment, mis dehors pour­raient bien servir d’exemples à d’autres qui commencent eux aussi à être las des perpé­tuelles leçons données par des pays vieillis­sants et qui n’ont jamais été capables par le passé de mettre en appli­ca­tion dans leur propre pays les belles leçons de mora­li­té qu’ils voulaient voir appli­quer ailleurs.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.