Le para­pluie s’est refer­mé sur la main de Liu Han

sichuanDes dizaines d’habitants qui dansent dans les rues de Guan­ghan (Sichuan). Ce qu’ils fêtent est la mise en accu­sa­tion de Liu Han, direc­teur géné­ral du groupe Ambrose et de plusieurs socié­tés possé­dant un actif de plus de 40 milliards de yuans. Derrière ces acti­vi­tés offi­cielles, Liu Wei était à la tête du plus impor­tant réseau mafieux du Sichuan avec des rami­fi­ca­tions dans la capitale.

En 2008, ce dépu­té et membre du comi­té perma­nent de la CCPC (Commis­sion Consul­ta­tive du Peuple Chinois) portait fière­ment la flamme olym­pique dans la ville de Guan­ghan. Il porte aujourd’hui le gilet orange des déte­nus en atten­dant que soit fixée la date de son procès en compa­gnie de 35 autres personnes étroi­te­ment asso­ciées à son réseau. 

En mars 2013, soit aussi­tôt après la prise de fonc­tion de Xi Jinping, des pour­suites ont été enga­gées à l’encontre de son jeune frère, Liu Wei. Pour l’aider à échap­per à la police, Liu Han a parti­ci­pé à la fusillade qui fait trois morts. Alors qu’il s’était hissé en 2012 à la 148e place du clas­se­ment Forbes des plus grandes fortunes (855 millions de dollars), Liu Han ne peut que choi­sir de se cacher. Il est arrê­té en octobre 2013 après une vaste opéra­tion de police.

Accu­sé d’activités mafieuses, de déten­tion d’armes (fusils d’assaut et grenades), Liu Han devra égale­ment répondre d’une dizaine de meurtres. Dans le Sichuan les acti­vi­tés de Liu Han étaient connues de tous, mais il avait mis en place un immense para­pluie à base de fonc­tion­naires, poli­ciers et juges. Ce secret de poli­chi­nelle n’a jamais ému ses collègues du PCC du fait de la géné­ro­si­té de Liu Han. Au 16e rang dans la liste Hurun philan­thro­pie 2009 grâce à des dons de 209 millions de yuans, impor­tant dona­teur de la catas­trophe du Sichuan en 2008, Liu Han affi­chait les mêmes valeurs que de nombreux autres respon­sables poli­tiques à la double vie. Le mafieux était bien plus craint que respec­té par la popu­la­tion et c’est ce qui explique la joie, même program­mée, qui s’est expri­mée lors de l’annonce de la mise en accu­sa­tion de Liu Han.

Que risque-t-il ? Rien tant son avenir est tracé jusqu’à ce jour où une piqûre l’expédiera dans le monde peuplé de ses congé­nères. D’autres devraient l’escorter, comme son frère et ceux ayant acti­ve­ment contri­bué à la main­te­nance de cet empire proté­gé par une véri­table armée. Des fonc­tion­naires, des juges et des respon­sables locaux régio­naux devraient égale­ment goûter aux joies de la déten­tion, ce qui les chan­ge­ra des séjours à Macao finan­cés par celui sur qui s’est refer­mé le para­pluie ouvert il y a plus de dix ans.