Le Nouvel An arrive, les magouilles suivent …

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Afin de tenter d’enrayer la vente de billets de train sur un marché parti­cu­liè­re­ment noir, les services ferro­viaires ont mis en place un système de vente sur présen­ta­tion de sa carte d’identité. En cette période qui précède le Nouvel An, ce trafic de billets est un des plus impor­tants de l’année, et ce, parti­cu­liè­re­ment dans les régions où travaillent un grand nombre de migrants. À quelques jours des congés, ils sont nombreux à se rendre aux guichets, et souvent las de faire la queue, une partie passe par ces vendeurs à la sauvette. Ceux-ci proposent soit de faux billets à des prix souvent bien infé­rieurs et de manière plus rapide, soit au contraire plus cher, se faisant payer le service rendu. En ce qui concerne les faux, le malheu­reux migrant va se présen­ter à la gare le jour du départ, mais sera refu­sé par l’hôtesse ou se retrou­ve­ra en compa­gnie d’autres personnes ayant le même numé­ro de place, un seul étant authen­tique.

C’est donc pour tenter de faire bais­ser ce trafic créant bien des problèmes que les auto­ri­tés ont asso­cié à la déli­vrance du billet l’obligation de présen­ter sa carte d’identité, un seul titre par personne devant être vendu. Devant cette barrière, les vendeurs clan­des­tins n’ont nulle­ment bais­sé les bras, et se sont procu­ré de fausses cartes d’identité, chacune leur permet­tant d’acheter un billet qu’ils revendent en réali­sant un confor­table béné­fice. Sur l’agglomération de Guangz­hou, la police a ainsi récem­ment déman­te­lé cinq gangs de faus­saires qui sévis­saient autour des gares. Ces 11 000 cartes viennent s’ajouter aux 5000 saisies dans le Henan, prou­vant ainsi que si la clien­tèle est présente, les malfai­teurs ont large­ment de quoi les satis­faire.

Parmi les autres « joies » tradi­tion­nelles liées au Nouvel An, les ciga­rettes sont cette année encore à l’honneur avec dans le Guangxi cette saisie d’un camion trans­por­tant 10 tonnes de fausses cartouches étique­tées au nom de diffé­rentes marques. La fausse monnaie vien­dra égale­ment récom­pen­ser les enfants de quelques vagues connais­sances, la plupart des géné­reux dona­teurs profi­tant de cette période pour se débar­ras­ser de quelques coupures de 50 ou 100 RMB récol­tées au cours de l’année. Comme dit le proverbe, c’est l’intention qui compte et personne ne vien­dra leur faire remar­quer que le cadeau devra à son tour être réache­mi­né vers une desti­na­tion plus loin­taine.

Ce genre de mésa­ven­ture est bien plus drama­tique lorsqu’il s’agit d’un ouvrier saison­nier qui est ainsi rému­né­ré, celui-ci se trou­vant sans argent sur la route du retour vers sa famille. C’est ce qui est arri­vé à un habi­tant du Sichuan qui avait travaillé 3 mois sur l’île du Hainan. Son patron l’a bien payé et lui a même fait cadeau du billet de bateau pour rejoindre le conti­nent, mais lorsqu’il a voulu ache­ter son billet de train, il s’est avéré que les des billets était tous faux. Devant son désar­roi bien compré­hen­sible, c’est le person­nel de la gare qui s’est coti­sé pour lui payer son voyage, un appel sur les chaînes de télé­vi­sion locales lui appor­tant cadeaux et argent grâce aux personnes touchées par cette histoire. Le patron du malheu­reux employé avait quant à lui dispa­ru, ne répon­dant même pas aux nombreux appels de la police.

Cette période de fêtes étant celle des feux d’artifice, vous pensez bien que ces produits ne vont pas être épar­gnés par les faus­saires. C’est ainsi qu’une partie des achats s’avère chaque année défec­tueuse en étant loin des effets atten­dus lorsqu’ils daignent faire la moindre chose. Plus dange­reux sont ceux qui explosent de manière préma­tu­rée ou dans une direc­tion qui n’était pas prévue au départ. Malgré les « nombreux contrôles » en cette période, ce sont plus de 30 % des arti­fices qui portent bien leur nom, ceux-ci étant aussi faux que les certi­fi­cats les accom­pa­gnant. Les véri­fi­ca­tions dans les diverses boutiques ayant lieu en ce moment, ce sont des semaines ou des mois aupa­ra­vant que ces produits sont stockés, faisant que ces inves­ti­ga­tions sont bien plus visibles qu’efficaces.

Il faut espé­rer que le lapin, animal de l’année qui vient, ne pren­dra pas le train avec un faux billet ou qu’il n’aura pas tenté d’en ache­ter un avec de la fausse monnaie. Si tout se passe ensuite comme prévu, il n’y aura plus qu’à faire partir de vraies fusées multi­co­lores qui ne feront pas bais­ser les grandes oreilles de celui qui sera hono­ré dans quelques jours.