Le marché en plein déve­lop­pe­ment du maté­riel agri­cole

Le marché en plein développement du matériel agricoleTout en concer­nant l’agriculture, cet article n’a que très peu de rapport avec le vin, ce sujet ayant été si souvent trai­té (plus ou moins bien) que l’on peut honnê­te­ment penser qu’il existe plus d’articles rela­tifs à ce marché que de bouteilles vendues en Chine. Parmi les secteurs en réel déve­lop­pe­ment, celui de la machine agri­cole repré­sente un poids non négli­geable avec une hausse de 45 % en dix ans et un chiffre d’affaires de plus de 800 milliards de yuan.

Les raisons à cet essor sont nombreuses, mais peuvent se résu­mer à quelques points. Si les pays peu déve­lop­pés ont tardé à moder­ni­ser leur agri­cul­ture, c’est très souvent par manque de moyens finan­ciers et par tradi­tion. Un secteur d’activité histo­ri­que­ment pauvre conduit en effet à utili­ser ce que l’on trouve sous la main soit les animaux et les êtres humains. La main d’œuvre étant habi­tuel­le­ment nombreuse dans ces pays, le besoin ne se fait ressen­tir que depuis quelques années pour la simple raison que dans un pays comme la Chine les enfants de paysan aspirent à autre chose que les travaux des champs. Le fait que les jeunes puissent aller à l’école prive donc les parents d’une aide précieuse qu’il faut rempla­cer.

Vient ensuite l’emploi incon­si­dé­ré d’engrais qui a fini par appau­vrir les terres, celles-ci deman­dant aujourd’hui un travail de plus adap­té aux nouvelles méthodes de culture. Les aides et subven­tions accor­dées par l’état et les régions viennent s’ajouter à des reve­nus agri­coles en hausse. Un autre élément impor­tant se révèle être la récente loi sur les biens fonciers, les paysans chinois pouvant actuel­le­ment ache­ter ou céder des droits ce qui a pour effet de rendre les parcelles plus impor­tantes et donc acces­sibles aux divers outils méca­ni­sés.

Contrai­re­ment à bien d’autres marchés où il règne une féroce concur­rence entre acteurs locaux et étran­gers, le marché de la machine agri­cole est rela­ti­ve­ment calme, chacun trou­vant sa voie sur un segment parti­cu­lier. Les rizières de Chine n’étant pas les plaines céréa­lières de la Beauce, nombre de ces engins sont de petite taille afin de s’adapter tant aux surfaces culti­vables qu’aux cultures spéci­fiques. Pour l’exploitation des grandes plaines du nord, le maté­riel est toute­fois à quelque chose près iden­tique à celui qui est utili­sé en occi­dent.

Là où les besoins et la demande est la plus impor­tante, est juste­ment les régions pauvres parce que diffi­ciles d’accès, ce qui impose des outils adap­tés en taille, mais aussi en soli­di­té. Dans le Guangxi, les mois­son­neuses à riz commencent à être au point alors que celles desti­nées à la canne à sucre font leurs premières appa­ri­tions et semblent encore néces­si­ter quelques ajus­te­ments tech­niques.

Parmi les fabri­cants étran­gers, John Deere dispose de plusieurs unités de fabri­ca­tion en Chine ce qui lui permet d’être large­ment présent dans les campagnes chinoises. Pour sa part AGCO un des acteurs prin­ci­paux de ce marché a prévu d’investir 100 millions de dollars dans deux nouvelles usines.

Le besoin est là, le maté­riel au rendez-vous, le finan­ce­ment souvent assu­ré, reste à convaincre les agri­cul­teurs de certaines régions recu­lées de fran­chir ce cap de la méca­ni­sa­tion. La popu­la­tion rurale étant en Chine, comme souvent ailleurs, la plus diffi­cile à convaincre, il s’agit pour les conces­sion­naires de dispo­ser des meilleurs outils de marke­ting possible. Dans bien des cas, il ne s’agit pas de conclure une affaire en ayant plusieurs concur­rents, mais à convaincre le chef d’exploitation que le maté­riel propo­sé sera bien plus rentable que ses deux buffles ou même son épouse. Il est par consé­quent primor­dial de faire vibrer toutes les cordes sensibles. Démons­tra­tions, repas et cadeaux sont essen­tiels dans ce milieu, et ce, sans doute plus qu’ailleurs.

Mis à part du maté­riel parfai­te­ment au point le jour J, il s’agit de faire jouer ses rela­tions afin de faire venir le maxi­mum d’agriculteurs. La présence d’un banquier deve­nu ami pour l’occasion peut faire la diffé­rence s’il consent à faire quelques efforts supplé­men­taires.

Cette clien­tèle n’achetant pas pour possé­der le dernier gadget à la mode, il est indis­pen­sable que le maté­riel propo­sé apporte ce que l’éventuel client en attend, soit un supplé­ment de renta­bi­li­té et donc de béné­fices.

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