Le karao­ké : divi­ser pour mieux … Chan­ter

ktvDès les années 50, des émis­sions de télé­vi­sion améri­cai­nes mettent en scène des chan­teurs amateurs paro­diant leurs idoles en étant soute­nus par des orches­tres. Le karao­ké fait son appa­ri­tion au Japon lors des années 70 avec la dispo­ni­bi­li­té d’un maté­riel spécia­le­ment adap­té. Ce mot vient de « kara » qui signi­fie vide et de « oke », orches­tre. Cet appa­reil pouvant rédui­re et même suppri­mer la voix origi­na­le (vide), ne subsis­te plus que la bande-son (orches­tre).

La mode du « japo­nais » asso­ciée à ces années a permis au karao­ké de se diffu­ser dans de nombreux pays dont la Chine dès les premiè­res années d’ouverture. Tant les Chinois que le pouvoir poli­ti­que se méfiant des mani­fes­ta­tions de masse où tout s’écoute et tout se dit, la struc­tu­re des KTV faite de divi­sions en petits salons conve­nait parfai­te­ment. Ce besoin de discré­tion est resté le même avec toute­fois de nombreu­ses évolu­tions. Les KTV sont en effet géné­ra­le­ment des lieux luxueux et même clin­quants où les clients sont accueillis par de belles hôtes­ses ayant revê­tu une qipao, la célè­bre robe fendue remi­se au goût du jour.

Tech­ni­que­ment, les karao­kés ont égale­ment évolué avec un maté­riel béné­fi­ciant des derniè­res tech­no­lo­gies. Au format VCD à ses débuts, le karao­ké s’est vu asso­cié tout d’abord un ordi­na­teur offrant une souples­se supé­rieu­re. Depuis quel­ques années la program­ma­tion des chan­sons se fait par l’intermédiaire d’un écran tacti­le, ce qui rend son emploi enco­re plus aisé. De très nombreux Chinois dispo­sent depuis long­temps d’un appa­reil de karao­ké chez eux, ce qui leur permet autant de se faire plai­sir que de s’entrainer en vue d’une soirée à venir dans un des KTV de la ville.

En raison de la rela­ti­ve discré­tion asso­ciée à chaque salon, les KTV ne sont pas unique­ment des lieux où l’on chan­te. Si de tout temps on y boit et on y mange, la libé­ra­li­sa­tion des mœurs renfor­cée par un certain mal-vivre a fait de ces endroits de hauts lieux de la pros­ti­tu­tion et de la consom­ma­tion de stupé­fiants. Les descen­tes de poli­ce sont par consé­quent fréquen­tes avec pour objec­tif bien plus une régu­la­tion qu’une inter­dic­tion tota­le, ce mode de fonc­tion­ne­ment de la part des auto­ri­tés étant commun en Chine.

Malgré les coups de boutoir donnés par les modes occi­den­ta­les à l’origine de l’ouverture de nombreu­ses boites de nuit, le KTV conser­ve de nombreux adep­tes. En ne réunis­sant qu’un petit grou­pe de person­nes ce sont toutes les géné­ra­tions qui y trou­vent leur place, qu’il s’agisse de chan­ter, de boire ou d’autres choses moins auto­ri­sées du moins offi­ciel­le­ment.

À ses débuts, le karao­ké c’était ceci :