Le danger, c’est la Chine. Le danger, c’est la Chine. Le danger, c’est la Chine …

ChinoiseOn vous l’a dit, on vous l’a répé­té, le danger présent et à venir c’est la Chine. Vous avez encore des doutes ? Et bien vous avez raison. Alors qu’après la Deuxième Guerre Mondiale, le bloc sovié­tique servait d’épouvantail à moineaux, le flam­beau a été attri­bué à la Chine, seul pays capable de faire peur grâce à son éten­due et à sa démo­gra­phie. Dans notre système mis en place par les lobbies finan­ciers, dont en prio­ri­té ceux de l’armement et donc améri­cains, il est en effet indis­pen­sable qu’il y ait un méchant. Si ce rôle n’a pas été dévo­lu à la Chine lors des années les plus dures du commu­nisme c’est d’une part parce que la place était occu­pée par l’URSS et que d’autre part il était inima­gi­nable d’effrayer les petits citoyens avec un tel pays que les médias de l’époque nous présen­taient comme inexis­tant malgré un PIB natio­nal prenant son envol dès cette période, la suite n’ayant été qu’une stabi­li­sa­tion. La présen­ta­tion couram­ment faite d’une Chine décol­lant à partir des années 80 fait partie du scéna­rio du film, sorte de bande-annonce donnant une idée de la suite. Le taux qui a par contre consi­dé­ra­ble­ment augmen­té dès le début des années de réforme est celui du PIB par habi­tant, la Chine aban­don­nant son système collec­ti­viste pour ressem­bler aux systèmes écono­miques occi­den­taux.

Chinoise Chinoise

Lorsque l’on sait que la Chine n’a pas toujours entre­te­nu d’excellentes rela­tions avec son voisin russe, on comprend aisé­ment pour­quoi elle a été épar­gnée jusqu’à la dispa­ri­tion de l’URSS. C’est ensuite de manière aussi logique que méca­nique que le couteau qui était entre les dents des méchants bolché­viques a chan­gé de dentier pour se retrou­ver dans la bouche des succes­seurs de Mao, dont il est toujours utile de préci­ser qu’il est mort en 1976, certains ayant été si dure­ment forma­tés qu’ils ont du mal à assi­mi­ler ce fait pour­tant bien réel.

La Chine est donc deve­nue LE danger mondial, du moins si l’on lit trop souvent certains médias spécia­li­sés et écoute quelques irres­pon­sables poli­tiques. Il faut être en effet très imagi­na­tif pour voir en ce pays le monstre si souvent présen­té. Même avec un PIB par habi­tant en hausse, il faudra des décen­nies voire des siècles à la Chine pour seule­ment égaler celui de la France. Avec ses 5500 dollars par tête, chaque Chinois « statis­tique » est 8 fois infé­rieur à son homo­logue fran­çais, ce qui donne une idée du chemin à parcou­rir, ce très long trajet n’étant même pas inscrit dans la liste des rêves les plus fous de l’immense majo­ri­té des Chinois.

Vient ensuite l’argument visant à lais­ser croire que les Chinois sont en train d’acheter le monde. Là deux chiffres suffisent et sont 40 et 220. Les deux sont des milliards de dollars, le premier concer­nant les inves­tis­se­ments chinois à l’étranger, le deuxième étant celui des fonds inves­tis en Chine de la part des étran­gers. Là encore, l’écart est assez impor­tant pour dormir sur ses deux oreilles, ce pour peu qu’une hausse des acqui­si­tions chinoises repré­sente un danger. Si la plupart des Chinois ne travaillent plus dans leur immense majo­ri­té 20 heures par jour pour un salaire de misère, les lois sur le travail sont aisé­ment appli­cables dans un pays comme la France quelque soit l’origine de l’employeur. Dans le domaine souvent évoqué des suicides chez Foxconn, les plus réti­cents peuvent se rendre dans divers cime­tières du pays où reposent en paix et très démo­cra­ti­que­ment des employés de France Tele­com ou de Renault. A une époque où nos écono­mies sont en régres­sion sans que la Chine n’en soit de loin la raison majeure, il serait suici­daire de refu­ser des oppor­tu­ni­tés lorsqu’elles se présentent.

La Chine nous vole notre savoir-faire. Là encore l’argument ne tient pas, même si quelques affaires d’espionnage sont média­ti­que­ment montées en épingle par des médias à la botte. Contrai­re­ment à notre passé plus ou moins récent où l’occident volait ce dont il ne dispo­sait pas, les Chinois achètent ce qui peut les aider à combler une partie de leur retard tech­no­lo­gique. De la même manière qu’un touriste qui achète un faux sac Vuit­ton en Italie sait très bien ce qu’il fait, une entre­prise occi­den­tale vendant ses brevets ou opérant des trans­ferts de tech­no­lo­gie le fait en toute conscience.

Dans le même registre, la chan­son­nette, il est vrai quelque peu passée de mode, concer­nant la destruc­tion de nos emplois indus­triels. Les raisons de ce déclin, qui n’en est pas un puisqu’une bonne partie des emplois ont été trans­fé­rés sur le secteur tertiaire, a débu­té dès le début des années 70, soit bien avant le lance­ment de la fusée chinoise qui n’est d’ailleurs en réali­té qu’un gros pétard pour effrayer les moineaux.

Pour termi­ner, l’incontournable hausse annuelle du budget mili­taire mettant une fois de plus en lumière le danger repré­sen­té par la Chine. Avec un porte-avion récu­pé­ré à la casse et toujours en phase de tests, la Chine est à n’en pas douter un danger. Si un conflit sur son terri­toire pour­rait éven­tuel­le­ment donner l’avantage à la Chine, ce pays est aujourd’hui dans l’incapacité tech­nique de trans­por­ter les dizaines de millions des mobi­li­sables régu­liè­re­ment plan­tés dans les jour­naux, toujours en vue d’effrayer le moinillon qui ne peut dès lors que comp­ter sur la protec­tion du grand frère améri­cain. Histoire de rester entrai­nés et ainsi pouvoir répondre à une demande qui vien­dra inévi­ta­ble­ment un jour, les USA font « mumuse » avec leurs jouets mili­taires sur divers terrains de jeu, ce qui permet dans le même temps de faire fonc­tion­ner les entre­prises des amis finan­çant les coûteuses campagnes élec­to­rales.

Si la Chine repré­sente donc danger c’est avant tout pour elle-même, mais là cela n’intéresse guère les occi­den­taux puisqu’un certain nombre profitent de la présente situa­tion. En atten­dant un épilogue risquant d’être doulou­reux pour la popu­la­tion chinoise, celle-ci conser­ve­ra son rôle d’épouvantail qu’elle conser­ve­ra jusqu’à un rempla­çant montre le bout de son nez.