Le C96 : vedette des séries chinoises

Le C96 : vedette des séries chinoisesSi les États Unis ont eu leur période Western où le Colt en était la vedette, en Chine c’est le Mauser C96 qui fait encore la une des séries télé­vi­sées et de nombreux films. Si la concep­tion de cette arme assez parti­cu­lière date de 1894, plusieurs échecs sur les marchés mili­taires vont retar­der sa commer­cia­li­sa­tion en série. La desti­na­tion prin­ci­pale est la Chine où l’armée natio­nale est oppo­sée aux seigneurs de guerre qui pullulent sur le terri­toire. Sur le million de C96 produits, envi­ron la moitié seront expor­tés vers la Chine au cours des années de guerre civile et du conflit sino-japonais.

Après la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne se voit impo­sé de sévères restric­tions concer­nant les armes ce qui va forte­ment handi­ca­per ses ventes à l’exportation. C’est l’Espagne qui va prendre le relais avec une copie amélio­rée du C96, et ce jusqu’en 1936. À cette date en effet, les Espa­gnols sont à leur tour touchés par la guerre civile, ce qui entrave la fabri­ca­tion d’armes. C’est donc Mauser qui va reprendre le marché en main, et ce, grâce à des aména­ge­ments aupa­ra­vant fixés par le trai­té de Versailles.

Ce qui fera le succès de cette arme est sa conver­ti­bi­li­té. Alors qu’un embar­go frappe la Chine sur les impor­ta­tions d’armes longues, le C96 peut aisé­ment se trans­for­mer en cara­bine grâce à son étui- crosse. Les appro­vi­sion­ne­ments étant toute­fois aléa­toires, vont se déve­lop­per plusieurs usines copiant l’arme de chez Mauser. Si certaines fabri­ca­tions furent d’excellentes quali­tés aux dires des spécia­listes, d’autres étaient par contre bien plus sujettes à problèmes. Fabri­qué prin­ci­pa­le­ment dans le Shan­xi, cette arme pren­dra alors le nom de Máo sè shǒuqiāng (毛瑟手枪), soit pisto­let Mauser.

Le nombre de copies fabri­quées est tota­le­ment incon­nu, et ce, même par les auto­ri­tés chinoises. Ce qui est certain, c’est que plus de 60 ans après la fin de la guerre civile il en circule encore beau­coup comme le démontrent les pério­diques saisis. Sorties des usines ou de fabri­ca­tion plus arti­sa­nales, ces armes pas toujours en état de fonc­tion­ne­ment ou sans muni­tions font le « bonheur » des braqueurs plus ou moins amateurs. Ceux-ci jouent alors sur la peur provo­quée par la forme spéci­fique de ce modèle qui rappelle à encore bien des Chinois les mauvaises heures de son histoire.

Toute­fois, leur utili­sa­tion prin­ci­pale demeure lors de films ou de séries télé­vi­sées ou il est souvent la seule chose crédible tant ces histoires sont encore de nos jours une forme de propa­gande. Le bon commu­niste équi­pé de son Mauser est en effet oppo­sé au méchant natio­na­liste équi­pé de l’arme auto­ma­tique four­nie par les USA.

Le C96 : vedette des séries chinoises

le chiffre 9 était gravé sur la crosse de certains C96 pour indi­quer qu’il devait être char­gé avec des muni­tions 9 para­bel­lum.

(Source docu­men­taire http://tir-collection.forumactif.net/t1470-mauser-c96-dit-schnellfeuer)