Le brouillard jaune de Wuhan

La ville de Wuhan dans le Hubei n’a visi­ble­ment pas la chance et les capa­ci­tés tech­niques à empê­cher un nuage de la traver­ser comme ce fut le cas en France pour Tcher­no­byl. Enve­lop­pée d’un épais brouillard jaunâtre, la capi­tale de cette province a donc fait quelques heures la une des jour­naux occi­den­taux et bien enten­du fran­çais.

Comme à chaque fois que se produit quelque chose de rela­ti­ve­ment excep­tion­nel en Chine, les rumeurs vont bon train de la part de quelques anges blancs et spécia­listes de la désin­for­ma­tion.

Dans le cas de Wuhan, ce serait la pollu­tion ordi­naire de cette ville à laquelle est venue s’ajouter l’absence de vent, l’humidité et l’accumulation de parti­cules prove­nant de ce que l’on appelle en France l’écobuage qui aurait causé cette nuisance, et non l’explosion d’une chau­dière ou d’une complexe chimique comme il a été parfois affir­mé. Cette pratique ances­trale consiste à brûler les chaumes après la récolte de céréales et provoque donc une épaisse fumée conte­nant des rési­dus de combus­tion. Ce sont ces déchets prove­nant des plaines voisines où les récoltes se terminent qui se sont accu­mu­lés, la couleur jaune étant due à la réfrac­tion causée par le soleil.

Il serait utile à l’avenir que nos jour­na­listes enfer­més dans leurs bureaux pari­siens dans l’attente de deux dépêches de l’AFP à coller dans leurs médias, ouvrent leurs fenêtres non pas pour prendre l’air, mais pour consta­ter de leurs propres yeux à quoi ressemble leur envi­ron­ne­ment de réfé­rence.

Le très beau ciel de Paris