La scien­ce chinoi­se et l’occident (Jose­ph Need­ham par J.C Martin)

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A l’heure où la Chine est perçue comme le pays enclin à profi­ter au maxi­mum des progrès scien­ti­fi­ques de l’Occident, il peut être utile de redé­cou­vrir Jose­ph Need­ham (1900–1995), qui consa­cra sa vie à l’histoire de la scien­ce chinoi­se. Son ouvra­ge The Grand Titra­tion : Scien­ce and Socie­ty in East and West publié en 1969, avec sa traduc­tion fran­çai­se, au Seuil, Paris, en 1973 méri­te une lectu­re atten­ti­ve. Sans oublier son ency­clo­pé­di­que Scien­ce and Civi­li­sa­tion in China.

Dans cet ouvra­ge, Need­ham nous fait parta­ger son érudi­tion mais surtout sa vision déga­gée d’un euro­péo­cen­tris­me habi­tuel chez les histo­riens occi­den­taux.

Ce docu­ment n’est pas une analy­se du travail de Need­ham, mais un simple recueil de passa­ges inci­tant notre curio­si­té à une lectu­re complè­te. Les passa­ges entre crochets sont des raccour­cis person­nels ; les réfé­ren­ces des pages sont indi­quées systé­ma­ti­que­ment.

Jean-Claude MARTIN.

Misè­res et succès de la tradi­tion scien­ti­fi­que chinoi­se

(Rapport du sympo­sium d’histoire de la scien­ce, Oxford, 1961.)

Pour­quoi la scien­ce moder­ne, comme mathé­ma­ti­sa­tion d’hypothèses rela­ti­ves à la natu­re, avec toutes ses impli­ca­tions dans le domai­ne de la tech­no­lo­gie avan­cée, fait-elle une ascen­sion rapi­de seule­ment en Occi­dent, à l’époque de Gali­lée ? [15]

Etat de la scien­ce et de la tech­no­lo­gie dans la Chine tradi­tion­nel­le.

La pensée mathé­ma­ti­que fut de tout temps profon­dé­ment algé­bri­que, non pas géomé­tri­que, et aux époques des Song et des Yuan (du XIIe au XIVe siècle), l’école chinoi­se apprit au monde à résou­dre des équa­tions.

Quant à l’astronomie, disons seule­ment que les Chinois furent des obser­va­teurs les plus patients et les plus précis qui aient exis­té avant la Renais­san­ce. Bien qu’ils n’aient pas connu de théo­ries plané­tai­re géomé­tri­que, ils conçu­rent une cosmo­lo­gie ration­nel­le, dres­sè­rent la carte des cieux en utili­sant nos coor­don­nées moder­nes. [15]

[Leur habi­le­té s’exerça dans d’autres scien­ces comme la sismo­lo­gie.

Trois bran­ches de la physi­que étaient parti­cu­liè­re­ment déve­lop­pées dans la Chine ancien­ne et médié­va­le : l’optique, l’acoustique et le magné­tis­me.]

Scien­ces géogra­phi­ques et carto­gra­phi­ques.

La carto­gra­phie quan­ti­ta­ti­ve appa­rut en Chine avec Zhang Heng et Pei Xiu – à peu près à l’époque où l’ouvrage de Ptolé­mée tombait dans l’oubli, en fait peu après sa mort – et elle évolua de façon régu­liè­re, en usant logi­que­ment du grati­cu­le trian­gu­lai­re, jusqu’à la venue des Jésui­tes au XVIIe siècle. Les Chinois furent des pion­niers dans ce domai­ne enco­re par le recours à des métho­des de rele­vés préci­ses et à la fabri­ca­tion de cartes en relief. On trou­ve le même modè­le dans les scien­ces géolo­gi­ques et en météo­ro­lo­gie. [16]

[Construc­tion méca­ni­que, tech­no­lo­gie mili­tai­re, texti­le avec la soie, papier ]: remar­qua­ble esprit d’innovation. [17]

La Chine n’accusait pas non plus de retard dans le domai­ne de la biolo­gie, et l’on trou­ve à cet égard nombre de décou­ver­tes agri­co­les très ancien­nes. […] Il serait possi­ble de puiser des exem­ples dans l’histoire de la protec­tion des plan­tes, entre autres l’utilisation la plus ancien­ne du contrô­le biolo­gi­que des insec­tes nuisi­bles.

[Sans oublier la méde­ci­ne.]

Les Chinois n’avaient pas de préju­gé à l’égard des remè­des miné­raux, contrai­re­ment à ce qui se passa en Occi­dent ; ils n’eurent pas besoin d’un Para­cel­se pour les tirer d’un sommeil galé­ni­que : car ils n’y sombrè­rent jamais. Ils furent égale­ment les plus grands pion­niers des tech­ni­ques d’inoculation. [18]

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