La pollu­tion : l’affaire de tous

refletsdechineAprès avoir été, et est encore, l’atelier du monde, la Chine pour­rait deve­nir un gigan­tesque labo­ra­toire dédié à l’environnement. Il faut dire que pour ce pays, le choix est assez restreint, car après avoir exploi­té au maxi­mum tant les ressources humaines que les matières premières, il se retrouve dans un état de déla­bre­ment assez avan­cé, celui-ci variant d’une région à une autre.

Là où en effet les zones indus­trielles n’ont pas rendu l’air irres­pi­rable, ce sont les nappes phréa­tiques qui sont large­ment polluées par les engrais et autres pesti­cides large­ment répan­dus dans les zones agri­coles. Si le gouver­ne­ment annonce vouloir déve­lop­per à tout prix le tourisme, celui-ci ne peut prétendre à être un reve­nu consé­quent si les visi­teurs, Chinois ou étran­gers, doivent se munir d’un masque ou prendre toutes les précau­tions pour boire ne serait-ce qu’un verre d’eau.

Sous réserve que cette volon­té poli­tique trouve un réel prolon­ge­ment dans son appli­ca­tion, il faudra bien plus d’années pour que la Chine se rapproche d’un niveau accep­table dans le domaine de l’environnement, qu’il ‘en a fallu pour alté­rer celui-ci. De plus, encore faudrait-il commen­cer à agir, non pas dans les secteurs les plus voyants comme c’est souvent le cas, mais les plus criants de véri­té, soit auprès des habi­tants eux-mêmes, et ce, à titre indi­vi­duel. Si certes les progrès sont visibles grâce à une certaine éduca­tion et infor­ma­tion faite auprès des très jeunes géné­ra­tions, il est aisé de consta­ter que les mauvaises habi­tudes sont encore bien présentes, la seule diffé­rence étant bien souvent le chan­ge­ment de compor­te­ment se résu­mant à un peu plus se cacher pour jeter dans la rue le gobe­let en plas­tique dont on ne sait quoi faire, alors qu’une poubelle située à proxi­mi­té ne demande qu’un « effort de quelques mètres.

Si les poubelles « sauvages » sont moins nombreuses qu’il y a seule­ment deux ans, c’est bien plus par peur du regard de quelques autres que par réelle convic­tion de parti­ci­per à la préser­va­tion de l’environnement, prou­vant ainsi qu’il reste encore un long chemin à parcou­rir avant que la majo­ri­té de la popu­la­tion comprenne l’importance de certaines choses qui ne sont pour eux encore que des détails insi­gni­fiants.

Si les engrais peuvent deve­nir bio, les usines être moins polluantes et les sacs plas­tiques progres­si­ve­ment dispa­raître, il reste que le plus grand pollueur de Chine est la popu­la­tion elle-même, ce que visi­ble­ment elle n’a pas encore conscience. Ce que les Chinois doivent à tout prix comprendre, c’est que l’amélioration de leur propre quali­té de vie commence avant tout par des agis­se­ments adultes, ce qui ne pour­ra que profi­ter à leurs enfants qu’ils disent tant aimer. Le pays qu’ils vont leur lais­ser est avant tout un immense champ de pollu­tion, certes indus­trielle, mais égale­ment domes­tique, et ils en sont aussi respon­sables que les chemi­nées crachant leur épaisse fumée nocive.

Si un chan­ge­ment de régime poli­tique peut se faire à plus moins longs termes, un chan­ge­ment de compor­te­ment dans le domaine envi­ron­ne­men­tal est lui urgent, et ne peut attendre un hypo­thé­tique chan­ge­ment de menta­li­té qui devrait venir des autres. C’est sans doute en mettant en avant les risques quoti­diens d’un envi­ron­ne­ment pollué, et le danger que celui-ci présente à court terme, que la majo­ri­té de la popu­la­tion se rende compte qu’il faut agir dès aujourd’hui, du moins si elle ne veut pas lais­ser aux futures géné­ra­tions un héri­tage qui pour­rait avoir pour nom : la plus grande poubelle du monde.