La poli­tique virtuelle, l’opium des inutiles

EurosIl est souvent repro­ché à la Chine de ne pas être une démo­cra­tie, ce qui serait sans doute souhai­table à l’avenir afin de choi­sir elle-même ses orien­ta­tions. Toute­fois, je ne lui souhaite pas de deve­nir ce que la France est depuis des années, c’est-à-dire une espèce de champ de foire boueux où n’importe quel idiot se prend pour un grand analyste.

De l’enseignant qui n’arrive pas à se faire respec­ter dans sa classe par 25 élèves, mais qui sur son blog parti­ci­pa­tif préfé­ré va expli­quer comment gérer effi­ca­ce­ment non pas seule­ment son pays, mais le monde, au grand vision­naire Lepé­niste expli­quant qu’il faut renvoyer tous les étran­gers chez eux, tout y passe.

Alors que de moins en moins de gens se déplacent pour aller voter, ces inutiles drogués à l’orgueil et à la préten­tion sont capables de vous faire des cours d’économie, alors qu’ils doivent utili­ser un puis­sant logi­ciel de gestion fami­liale pour équi­li­brer leur budget de 2000 euros par mois.

Il en est de même pour un certain nombre d’expatriés, venus cher­cher en Chine ce qu’ils n’avaient pas chez eux, c’est-à-dire du travail pour faire vivre leur famille, et qui à longueur de commen­taires critique un pays où ils se pensent indis­pen­sables. Inca­pables chez eux de faire entendre leur voix de castra, ces personnes se défoulent, heureux qu’ils sont d’être lus par des adeptes aussi intel­lec­tuel­le­ment déve­lop­pés.

Diffi­cile de savoir si ce phéno­mène est géné­tique, toujours est-il que cette caste sociale se repro­duit, et à même tendance à augmen­ter, entre­te­nue par certains médias utili­sant cette perver­si­té moderne qui fait que l’on peut deve­nir virtuel­le­ment ce que l’on est inca­pable d’être dans la réali­té.

Plan­qués et bien au chaud derrière leur virtua­li­té, ces mêmes Tartuffes seraient inca­pables de tenir le dixième de leurs palabres devant le moindre réel respon­sable, mais se permettent de vous asse­ner leurs tirades, sûrs qu’ils sont de leur anony­mat.

Érudits grâce à leur dernière recherche sur Google ou à la diffu­sion du dernier repor­tage sur Arte, ces maîtres de la médio­cri­té sont alors capables de disser­ter pendant des heures, prenant en réfé­rence la véra­ci­té d’une infor­ma­tion que les deux neurones leur servant de cerveau ont reçue.

Ces « gens-là » ont un avis sur tous les sujets, faute d’avoir un sujet sur lequel ils ont un véri­table avis, et deviennent par leur intel­li­gence, dont le niveau de réflexion est simi­laire à celui d’une bûche, le centre d’intérêt d’un cercle d’amis choi­sis parmi les plus stupides, histoire de régner sur un royaume où le plus abru­ti est roi.

Tout cela serait sans gravi­té si ces personnes ne faisaient qu’exprimer plus ou moins publi­que­ment leurs thèses infan­tiles, le pire étant que ces cloi­son­nés du cerveau ont égale­ment le droit de vote, deve­nant par là même un danger à l’échelle natio­nale. C’est en effet là qu’ils deviennent nuisibles, car se multi­pliant, sont à la nais­sance de certaines carrières poli­tiques qui n’auraient pu voir le jour sans leur soutien.

Si plusieurs amis Chinois à qui je posais la ques­tion sur un éven­tuel futur droit de vote m’ont répon­du penser tout juste savoir ce qui pouvait être préfé­rable pour sa ville, et être inca­pables de dire ce qu’il y aurait de mieux pour son pays tant la tâche est complexe, la supé­rio­ri­té innée de certains grands penseurs du monde virtuel ont amené un pays comme la France où il en est, et ce avec le concours des personnes mises en place souvent grâce aux voix de ces personnes heureuses d’exister au travers de leur droit de vote.

Bien plus qu’un Xème débat sur l’identité natio­nale ou sur une couleur de peau méri­tant ou non de deve­nir Fran­çaise, il s’avère indis­pen­sable de réfor­mer le droit de vote, quitte à créer un test de capa­ci­té pour aller voter. Si en effet, s’exprimer publi­que­ment, quoique dissi­mu­lé derrière un pseu­do, n’a aucune influence sur la gestion du pays, il en est tout autre­ment pour des élec­tions où dans un pays d’aveugles, le borgne est roi.

Faire croire que tout à chacun est capable de gérer un pays au travers d’une soi-disant liber­té d’expression a le défaut majeur de lais­ser à penser à ces mêmes personnes qu’elles sont aptes de déci­der d’un présent ou d’un avenir, et deviennent au fil du temps persua­dées de leur pouvoir qui bien que dans les faits tota­le­ment virtuel , s’avère être un réel danger par un effet boule de neige.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.