La paille cache la poutre

refletsdechine« La secré­taire d’État améri­caine a propo­sé la publi­ca­tion des noms des personnes tuées, dispa­rues ou arrê­tées lors de la répres­sion des mani­fes­ta­tions de juin 1989, il y a 20 ans. Dans un commu­ni­qué, elle demande au régime chinois de four­nir un bilan de la répres­sion et d’examiner ouver­te­ment les pages sombres de son passé ». »
Ces propos tenus par la secré­taire d’État Hila­ry Clin­ton sont assez révé­la­teurs d’un état d’esprit géné­ral entre­te­nu par certains médias et certaines offi­cines pro-exilés-tibétains qui voudraient que le gouver­ne­ment actuel prenne en charge cette période doulou­reuse. Comme tout le monde sait que ce régime a beau­coup de mal à commu­ni­quer sur ce genre d’évènements, il sera ensuite facile de démon­trer son refus et son obsti­na­tion à cacher la véri­té.
Pour­quoi donc alors et afin de pous­ser le régime chinois, ne pas donner l’exemple à commen­cer par le gouver­ne­ment Améri­cain qui pour­rait publier les morts occa­sion­nés par le Ku Ku Sklan, publier la liste des poli­ciers améri­cains ayant usé de violence vis-à-vis des noirs, recon­naître qu’il n’y avait pas d’armes de destruc­tion massive en Irak et que ce n’était qu’un prétexte pour occu­per illé­ga­le­ment un pays ; ce même gouver­ne­ment pour­rait égale­ment appor­ter toute la clar­té sur Guan­ta­na­mo qui préoc­cupe bien peu les défen­seurs des droits de l’homme.
Pour la France, on pour­rait publier la liste des personnes qui pendant la dernière guerre ont été fusillées sur dénon­cia­tion d’autres Fran­çais ou encore faire le jour sur le Rwan­da et je ne parle même pas des victimes des colo­ni­sa­tions et autres périodes escla­va­gistes.
Que l’on ne me sorte surtout pas la phrase : « Oui, mais c’était avant ……. Avant quoi ? C’est quoi ce prin­cipe qui fixe des obli­ga­tions à certains alors que d’autres n’y sont pas soumis. Il est de mise quand certains sont en manque d’arguments ou, que le paysage écono­mique n’est plus à son avan­tage de ne cher­cher que l’humiliation, faute de pouvoir lutter sur d’autres terrains. Ce système est facile et ne gran­dit pas ses initia­teurs.
On n’arrive déjà que très diffi­ci­le­ment en France à avouer les erreurs du passé, mais il est normal que les autres le fassent sous le couvert de notre titre usur­pé de patrie des droits de l’homme.
Pour en reve­nir à la liste des morts de Tian Anmen dont il n’est même pas sûr qu’elle existe, il faudra égale­ment y ajou­ter les soldats, égale­ment morts pour rien et ne pas faire comme pour le Tibet avec un sens unique frisant le pitoyable. Loin de dédoua­ner les respon­sables de l’époque ou les irres­pon­sables, ce genre de mise en scène n’aurait de toute façon aucune utili­té tant les mêmes Occi­den­taux qui demandent cet éclair­cis­se­ment trou­ve­raient toujours la paille et se feraient un plai­sir d’argumenter sur les doutes concer­nant la véra­ci­té de cette liste.
Il ne s’agit une fois de plus que d’un stra­ta­gème afin de gêner l’émergence de ce pays et sous le couvert d’une demande de trans­pa­rence ne fait que renfor­cer le système poli­tique dans son mauvais penchant pour le secret, même si celui-ci est de poli­chi­nelle. Il faut faire du bruit afin d’éloigner le plus long­temps possible une opinion qui voit ce pays sortir de la crise avant les autres et qui commence sérieu­se­ment à se deman­der si depuis des dizaines d’années on ne les a pas pris pour des demeu­rés.
Si la Chine n’était pas un danger pour l’équilibre poli­tique et écono­mique instau­ré par les U.S, ce pays pour­rait être commu­niste, dicta­to­rial, prati­quer les exac­tions que le gouver­ne­ment désire comme les ont prati­qués certains gouver­ne­ments « amis » sans que personne ne trouve rien à redire et avoir la béné­dic­tion de ces mêmes censeurs. Quant aux moutons qui suivent ce mouve­ment, ils ne sont pas sans rappe­ler une histoire vécue où en 1940 certains se disaient de vrais purs Fran­çais avant de deve­nir de zélés colla­bo­ra­teurs de l’Allemagne nazie pour deve­nir à la fin de valeu­reux résis­tants.
Ce n’est pas parce que nous sommes rede­ve­nus un petit pays que nous devons empê­cher les autres de gran­dir, cette façon de faire n’est pas crédible et un jour, ce sont vos enfants qui vous juge­ront.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.