La morale à l’école : t’as rien de mieux ?

PhraseComme avant chaque élec­tion, un ministre se croit obli­gé de nous servir le plat réchauf­fé d’une remise au programme de la morale à l’école. En dehors du fait que ces éminents irres­pon­sables feraient bien de mora­li­ser en tout premier lieu leur cercle d’initiés, on peut se deman­der comment des personnes char­gées théo­ri­que­ment de gouver­ner un pays peuvent être si pauvres en idées nova­trices.

Il faudrait ensuite rappe­ler à ces cerveaux vides que nous sommes en 2011, ce qu’ils semblent avoir oublié. S’il y a 50 ans les élèves du primaire avaient droit à ces leçons plus civiques que mora­li­sa­trices, c’est en grande partie parce qu’encore bien des parents étaient d’origine rurale et ne dispo­saient pas de ces superbes inven­tions que sont la télé­vi­sion et inter­net. A quoi servent en effet ces évolu­tions s’il n’a pas été prévu d’y inclure ces éléments de morale qui font soudai­ne­ment défaut plutôt que d’en confier la tâche à des inter­mit­tents de l’enseignement ?

Dans la phrase précé­dente figure le mot qui est à n’en pas douter la solu­tion à ce que l’on nomme sour­noi­se­ment inci­visme et autres termes visant à dissi­mu­ler une triste véri­té. Ce mot est PARENTS, fonde­ment immuable de la famille et de l’éducation que doivent norma­le­ment rece­voir les adoles­cents. Déso­lé d’enfoncer un clou bien rouillé depuis le temps, mais le problème majeur est depuis fort (trop) long­temps ces géni­teurs qui oublient un peu vite que si conce­voir un enfant est rela­ti­ve­ment facile, l’éduquer reste une tâche ardue à laquelle il serait bon qu’ils réflé­chissent avant ce qui condui­ra à une nais­sance.

Quitte à faire vieux con, ce qu’à la limite je reven­dique sans trop de soucis du fait que la seule diffé­rence entre un jeune et un vieux con se limite à l’âge, ce sont mes parents qui m’ont appris les bases de la vie en socié­té et non pas un quel­conque ensei­gnant plus moti­vé à calcu­ler ses prochains arrêts mala­die que la mission qu’il a choi­si théo­ri­que­ment d’accomplir. Faire des leçons de morale à des enfants, alors que l’on ne connaît pas grand-chose dans ce domaine n’a aucune crédi­bi­li­té, et ce d’autant moins si une fois rentré chez lui l’enfant constate une appli­ca­tion contraire de la part de ses parents.

Il ne s’agit de toute manière dans le cas présent que d’attirer quelques voix en vue des prochaines élec­tions, le reste du programme étant dès lors aussi prévi­sible que celui des prédé­ces­seurs. Entre un gouver­ne­ment qui ne gouverne rien, puisque reje­tant en perma­nence ses propres erreurs sur le dos des autres et des parents n’en étant plus toujours, il est logique que les seconds élisent les premiers, histoire de se retrou­ver entre gens ayant les mêmes idées, soit aucune.