La méde­cine tradi­tion­nelle en France, les médi­ca­ments étran­gers en Chine

Dans le même temps que la France se dirige lente­ment vers une recon­nais­sance des tech­niques de la méde­cine tradi­tion­nelle chinoise, le pays dont sont issus ces tech­niques connait une impor­tante chute du nombre de méde­cins les prati­quant. Côté occi­den­tal et en parti­cu­lier euro­péen, cette accep­ta­tion progres­sive d’une autre vision de la méde­cine est avant tout dictée par deux éléments plus proches de la finance que de la santé. Le premier concerne le défi­cit des caisses d’assurances qui peut être limi­té et même réduit par des actes aussi effi­caces et moins coûteux, le resser­re­ment des budgets impo­sant de regar­der ailleurs que du côté des seuls lobbies phar­ma­ceu­tiques. Le deuxième est étroi­te­ment lié à l’activité de ces mêmes entre­prises commer­ciales, les dépu­tés euro­péens comp­tant parmi leurs rangs de très nombreux méde­cins. C’est en ce nom que l’an dernier a été votée une loi qui sous un couvert des plus hypo­crites est venue renfor­cer le pouvoir des labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques. Impo­sant que les produits à base de plantes (un médi­ca­ment homéo­pa­thique par exemple), dont une bonne partie provient de Chine, soient soumis à de coûteux tests, les offi­cines se sont ainsi débar­ras­sées de concur­rents gênants. Ce cadre jurid­qiue leur permet d’acquérir à moindre coût ces mêmes matières premières et ainsi réali­ser ensuite de confor­tables béné­fices.

Côté Chinois, c’est l’occidentalisation de l’enseignement qui a pour effet de dimi­nuer de manière dras­tique les méde­cins prati­quant les tech­niques tradi­tion­nelles. Pour des besoins de recon­nais­sance inter­na­tio­nale, les univer­si­tés de méde­cine ont adap­té les programmes en les alignant sur ceux ensei­gnés à l’étranger. Entre l’apprentissage de l’anglais et le tronc commun obli­ga­toire c’est ainsi un tiers du temps qui manque ensuite à une bonne connais­sance de la MTC. Vient s’ajouter à cela que cette forme de méde­cine est à la base un ensemble regrou­pant plusieurs aspects tels que l’acuponcture, le Tui Na, les herbes et le diag­nos­tic, alors que la tendance actuelle pousse à une spécia­li­sa­tion dans un seul domaine.

Il faut égale­ment ajou­ter que la multi­pli­ca­tion d’herbes frela­tées et la diffi­cul­té à trou­ver des bases de bonne quali­té nuisent à l’efficacité des trai­te­ments, ce qui a pour effet de pous­ser de nombreux patients vers des médi­ca­ments « plus modernes ». Alors que la méde­cine tradi­tion­nelle chinoise s’apprête à enfin être recon­nue de manière plus visible qu’autrefois, la Chine est appe­lée à deve­nir un marché très porteur pour les labo­ra­toires étran­gers moins en vogue que par le passé dans leurs pays d’origine. Encore un bel exemple d’un monde tour­nant de plus en plus à l’envers.