La loi sur l’immigration se précise : + pour les étudiants, – pour les clan­des­tins

La loi sur l’immigration se précise : +  pour les étudiants, – pour les clandestins

Le projet de loi sur l’immigration suit son chemin au rythme des réunions et des divers conseils récol­tés tant au niveau des dépu­tés que des régions. D’après plusieurs sources travaillant sur ce texte, les respon­sables chinois dési­re­raient que ce texte soit fina­li­sé cet été pour être voté en début d’automne et appli­cable dès le 1er janvier 2012.

Même si le texte sera d’une portée natio­nale, une certaine lati­tude devrait être lais­sée aux provinces et régions qui pour­ront adap­ter un certain nombre de dispo­si­tions à leur envi­ron­ne­ment. Il sera par exemple plus aisé pour un étran­ger de rési­der dura­ble­ment dans le Sichuan qu’à Shan­ghai. L’immigration clan­des­tine ayant forte­ment augmen­té ces dernières années, les auto­ri­tés vont durcir un certain nombre de points ayant un lien plus ou moins direct avec le travail non auto­ri­sé.

Si un certain nombre de justi­fi­ca­tifs de reve­nus seront exigés pour rési­der dura­ble­ment en Chine visant à réduire le nombre de socié­tés plus ou moins hors la loi, des assou­plis­se­ments sont aussi au programme à desti­na­tion de certains. Parmi ceux-ci, le fait qu’un étudiant étran­ger pour­ra deman­der un visa de travail (Z) dès la fin de sa scola­ri­té sans pour cela être obli­gé de quit­ter le terri­toire. Si les moda­li­tés d’entrée pour cette popu­la­tion vont se durcir afin de lutter contre les demandes émanant de « faux étudiants », ceux dont la présence sera jugée utile seront privi­lé­giés en obte­nant plus aisé­ment un droit de séjour.

L’accès au titre de résident perma­nent devrait être égale­ment revu, ce qui faci­li­te­ra là aussi le séjour de personnes appor­tant à la Chine ce qui lui manque le plus, soit des capi­taux et un meilleur niveau d’enseignement. Pour les conjoints de Chinois, la procé­dure d’obtention de l’équivalent de la carte verte sera allé­gée sous réserve qu’il s’agisse d’une vie réel­le­ment commune. Un docu­ment tempo­raire utili­sable durant les cinq premières années de mariage, mais qui devra être renou­ve­lées annuel­le­ment, permet­tra de travailler offi­ciel­le­ment avec son conjoint sous certaines réserves. Le conjoint chinois devra être en effet le chef d’entreprise et devra effec­ti­ve­ment diri­ger celle-ci.

Si ces points sont globa­le­ment à l’avantage des étran­gers, les procé­dures d’expulsion risquent égale­ment d’être plus nombreuses en cas de non-respect de la loi chinoise. Le trafic ou la consom­ma­tion de stupé­fiants, les atteintes sous diverses formes à l’ordre public, le travail clan­des­tin seront bien plus surveillés et répri­man­dés, l’expulsion qui est rare aujourd’hui deve­nant bien plus fréquente. Ces personnes rejoin­dront alors la liste noire des ambas­sades et consu­lats, ce qui a pour effet d’interdire toute future entrée sur le terri­toire chinois.

Par ces mesures, la Chine tient à s’aligner sur d’autres nations où l’immigration est un phéno­mène ancien, mais en choi­sis­sant d’emblée ceux qu’elle désire ou accepte voir séjour­ner sur son terri­toire. Cela évite­ra sans doute de faire croire à certains qu’ils sont les bien­ve­nus pour ensuite les montrer du doigt à la moindre occa­sion, les dési­gnant comme cause de leurs problèmes. Ces mesures ne feront toute­fois pas de la Chine une terre d’immigration au sens huma­ni­taire du terme, mais un pays ouvrant la porte aux étran­gers pouvant lui appor­ter un plus dans les secteurs où il en a le plus besoin.

Article précédentLes plus belles loin des poubelles
Article suivantExclu­sif : Mon inter­view de moi !
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.