La Hong­qi H7 : une berline très poli­tique

De la taille d’une Audi A6, la nouvelle Hong­qi H7 vise égale­ment la même clien­tèle que le modèle alle­mand. Trois moto­ri­sa­tions sont propo­sées avec un 2 L, un 2,5L et un 3 L ayant pour origine FAW. Grâce à ses diverses alliances avec des construc­teurs étran­gers, FAW semble avoir acquis ou ache­té le savoir-faire en s’imposant comme un parte­naire incon­tour­nable pour tout construc­teur étran­ger dési­rant faire sa place sur ce marché si convoi­té.

Si la première Hong­qi (drapeau rouge) date de 1958, son retour sur le devant de la scène a des raisons certes écono­miques, mais égale­ment poli­tiques. Le haut de gamme étant large­ment trus­té par les grandes marques alle­mandes que sont Audi, Mercé­dès et BMW, il faut voir dans ce renou­veau de la marque quelques manières de prou­ver que la Chine a été un bon appren­ti et peut elle aussi produire des modèles de luxe, prou­vant ainsi une rela­tive indé­pen­dance.

Ce qui est moins certain est l’écho que ce modèle va rencon­trer auprès d’une clien­tèle habi­tuée à se faire voir et pour qui conduire une voiture étran­gère est avant tout un signe d’ascension sociale. Si la calandre de la H7 corres­pond en tous points à ce désir d’être vu la partie est loin d’être gagnée, ce même si quelques milliers de Hong­qi seront impo­sés auprès des respon­sables locaux de régions et provinces. Cet aspect trop voyant risque en effet de décou­ra­ger plus d’un ache­teur, préfé­rant la discré­tion des logos alle­mands à une calandre faite pour être remar­quée.

La Hong­qi C601 devrait quant à elle enfin voir le jour cette année après que les diver­gences avec Audi, four­nis­seur du châs­sis, aient semble-t-il été réso­lues. Il faut dire que FAW a inves­ti 530 millions de yuans dans ce projet et a donc tout inté­rêt à que celui-ci abou­tisse. Ce modèle équi­pé d’un V6 de 2,5 L étant bien plus racé que ne l’est sa grande sœur, il a devrait être bien mieux accueilli que la « m’as-tu-vue » H7 coif­fée de son histoire risquant de se révé­ler être plus handi­ca­pante que porteuse.

Qu’il s’agisse de la H7 ou de la C601 (nom de code), ces deux modèles devront affron­ter une concur­rence féroce sur un marché par nature limi­té. Quelle est la réelle vision de FAW sur l’avenir de ce modèle ? Celui-ci a sans doute pour objec­tif de démon­trer que même sans ces marques pres­ti­gieuses, mais étran­gères, la Chine peut elle aussi produire des véhi­cules de quali­té. Il n’est donc pas certain que la fina­li­té soit de prendre des parts de marché à ses concur­rents et souvent parte­naires, mais de tenter de lais­ser croire à une possible indé­pen­dance.