La France gentille au gala du Nouvel An

sophie thumbnailIl y a 50 ans, la France recon­nais­sait offi­ciel­le­ment la « Nouvelle Chine », et ce avant d’autres grands pays. À cela s’ajoutent de forts liens histo­riques comme bien sûr ceux asso­ciés à la période colo­niale, mais aussi les années passées en France par Chou En-Lai et Deng Xiao­ping venus y étudier tout en travaillant en usine. Élec­to­ra­lisme et perte d’influence obligent, ces liens se sont parfois disten­dus comme lors du passage de la flamme olym­pique en 2008 faisant dire à de nombreux Chinois « Pour­quoi les Fran­çais ne nous aiment-ils pas ? ».

Sur fond de contrats et d’échanges commer­ciaux, les deux pays se sont plus ou moins rabi­bo­chés, mais le cœur n’y est pas vrai­ment. En Chine, le nom France est asso­cié au luxe et au roman­tisme ce qui a pour effet de donner une image élitiste, mais sous certains aspects égale­ment vieillotte. Derrière la réfé­rence que sont les États-Unis ou l’Allemagne asso­ciée à l’industrie, la France a le plus grand mal à se forger une image autre que liée au passé. Peut-être l’image de roman­tisme a-t-elle été ampli­fiée par les dernières amou­rettes prési­den­tielles qui ont passa­ble­ment fait sourire les Chinois en les accou­plant au « Fran­çais, pas sérieux ».

Bien que popu­laire en Chine et toujours aussi sympa­thique, le choix de Sophie Marceau pour repré­sen­ter la France lors du gala du Nouvel An n’est peut-être pas le meilleur. Ambas­sa­drice de PSA en figu­rant dans la publi­ci­té de la DS5, Sophie Marceau est certes aussi mythique que les premiers modèles de cette gamme de Citroën, mais renforce cette image plus proche de l’histoire que de l’avenir.

Le choix de « La vie en rose » (1942) n’arrange rien à l’affaire malgré les efforts de Sophie Marceau en reflé­tant une image assez éloi­gnée d’un pays se voulant dyna­mique. Sans doute que faire table du passé est plus facile en Chine qu’en France où il occupe encore une place majeure au nom de l’héritage. Si s’en préva­loir est normal, le faire fruc­ti­fier serait une bonne chose avant qu’il ne soit défi­ni­ti­ve­ment clas­sé au rang d’histoire. Le gala du Nouvel An n’était sans aucun doute pas la meilleure occa­sion de montrer un autre visage de la France en étant par nature asso­cié à la tradi­tion. Reste à savoir s’il existe autre chose à montrer et surtout à démontrer.