La cuisine chinoise : l’art d’allier l’utile à l’agréable

cuisinePour vivre, l’être humain a besoin de se nour­rir et d’être en bonne santé. La cuisine chinoise a la facul­té de réunir les deux obli­ga­tions en une seule opéra­tion qui se trouve être la plus agréable des deux. Alors que certaines popu­la­tions occi­den­tales rêvent de se nour­rir d’aliments sous forme de pilules, les Chinois se soignent en partie en mangeant.

Dans de très nombreux cas, les aliments de base, ou ceux venant en complé­ment, se voient attri­bués des effets pouvant influen­cer sur la santé. Qu’il s’agisse de l’état géné­ral ou de régimes parti­cu­liers en fonc­tion d’une mala­die précise ou d’un acci­dent, la cuisine chinoise regorge de produits présen­tés comme béné­fiques pour le corps. Il faut dire que la phar­ma­co­pée tradi­tion­nelle de ce pays est parti­cu­liè­re­ment éten­due en allant des plantes à certaines viandes et à la manière de les prépa­rer. Il n’est pas ques­tion de « remèdes de vieilles femmes », de nombreux méde­cins chinois et étran­gers pres­cri­vant ces éléments après de sérieuses études.

merouDe nos jours souvent alliées à la prise de médi­ca­ments « modernes », les pres­crip­tions médi­cales peuvent parfois surprendre un Occi­den­tal. C’est ainsi qu’une personne victime de la frac­ture d’un os se verra conseillé de consom­mer en abon­dance une soupe faite à base d’une espèce parti­cu­lière de mérou alors qu’une autre atteinte d’un cancer devra quoti­dien­ne­ment avaler une prépa­ra­tion à base de tendons de bœuf.

Alors que de très nombreux de nos médi­ca­ments présen­tés sous forme de cachets ou de gélules contiennent pour partie ces mêmes bases, mais synthé­ti­sées, les Chinois les consomment à l’état natu­rel faisant ainsi d’une pierre deux coups. Comme exemple, on peut citer la badiane chinoise qui est une compo­sante du Tami­flu, un médi­ca­ment luttant contre les effets du H1N1. Dans la cuisine locale, la badiane est utili­sée pour les saveurs qu’elle apporte à un plat, mais égale­ment pour lutter contre les affec­tions des voies respiratoires.

L’effet des aliments étant lié à la frai­cheur de ceux-ci, on trouve là une des raisons faisant que la plupart des Chinois font leurs courses de manière quoti­dienne. Contrai­re­ment aux grandes surfaces occi­den­tales présen­tant des dizaines de mètres de produits surge­lés, ce sont en Chine les produits frais qui occupent la majeure partie du rayon alimen­taire. Une autre diffé­rence notable est la rare­té des conserves, les produits saison­niers étant stockés après avoir été séchés.

De par la fraî­cheur des produits et le désir de conser­ver aux aliments leurs quali­tés origi­nelles, la cuisine chinoise repose sur la rapi­di­té de cuis­son. Peu ou pas de plats longue­ment mijo­tés, les innom­brables sauces appor­tant saveur et origi­na­li­té. Ces addi­tifs demandent un juste dosage afin de ne pas rendre imman­geable un plat, les quan­ti­tés étant souvent minimes pour celles les plus concentrées.

hachoirLa manière de décou­per les aliments est une base essen­tielle de la cuisine chinoise. Très diffé­rente des habi­tudes occi­den­tales, ces découpes parti­cu­lières ont pour fina­li­té de rendre aisée la prise des aliments avec les baguettes, mais aussi d’en libé­rer le maxi­mum de saveur. Si deux éléments sont indis­pen­sables à la cuisine chinoise, ce sont le hachoir et l’épaisse planche de bois qui sert autant de plan de travail que d’amortisseur aux violents coups donnés par ce qui est en chine un véri­table couteau multifonctions. 

Ce sont ces divers éléments consti­tu­tifs de la cuisine chinoise qui vous seront expli­qués au fil des articles. Bien que souvent simple, cet art véri­table recèle toute­fois un monde de subti­li­tés, ce de la même manière qu’est le peuple chinois. Chaque région venant appor­ter son lot de diffé­rences renfor­cées par la présence de nombreuses ethnies aux cultures culi­naires spéci­fiques, la Chine est à elle seule un monde de la cuisine. Miroir d’un immense pays, appro­cher la cuisine chinoise est égale­ment un excellent moyen de voya­ger et donc de mieux comprendre le fonc­tion­ne­ment d’une autre socié­té et culture.