La crise des subprimes US, de la dette Euro­péenne ? C’est la faute à la Chine

EnfantDanielle Schweis­guth et Antoine Brunet sont parait-il des écono­mistes, ou du moins des spécia­listes de ce secteur. Ces deux éminents cerveaux se sont asso­ciés pour rédi­ger un ouvrage inti­tu­lé « La visée hégé­mo­nique de la Chine, l’impérialisme écono­mique » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que vous trou­vez sur un site anti­chi­nois primate avec son spécia­liste partiel­le­ment anonyme de « l’intelligence » écono­mique. Comme pour l’irresponsable caché derrière les vitres de son cock­pit, les deux auteurs vont jusqu’à accu­ser la Chine d’être à l’origine de la crise finan­cière de 2008 et d’être à la base de la crise de la dette. Sage­ment alignés derrière le discours offi­ciel améri­cain, ils en reprennent tous les éléments, quitte même à forcer le trait pour plaire à leurs comman­di­taires.

C’est ainsi que les deux « écono­mistes » nous révèlent que la crise des subprimes, c’est la Chine :

Pour main­te­nir leur écono­mie en crois­sance, les Améri­cains ont stimu­lé arti­fi­ciel­le­ment leur écono­mie par la sphère immo­bi­lière, géné­rant une bulle qui a entrai­né la crise finan­cière de 2008. 

Le problème est pour eux iden­tique pour l’Europe, la Chine ayant préci­pi­té dans le gouffre les écono­mies de la commu­nau­té :

Concer­nant la crise actuelle de la dette, c’est la même dyna­mique. Trop long­temps, les pays d’Europe du Sud ont essayé de compen­ser l’impact dépres­sif de leur propre défi­cit commer­cial dû là encore à la Chine par des défi­cits publics à répé­ti­tion.

Qu’il soit repro­ché à la Chine certaines erreurs ou déra­pages est normal puisque réels, mais de là à accu­ser ce pays d’être à l’origine de tous les problèmes du monde révèle un forma­tage intel­lec­tuel appli­qué aux deux auteurs proches du lavage de cerveau. Un pays comme la France a en effet débu­té sa désin­dus­tria­li­sa­tion de son propre gré dès les années 70, ce au béné­fice des emplois tertiaires. À moins que les deux spécia­listes aient un argu­ment plus solide que ceux qu’ils présentent dans leur livre, la baisse du nombre de paysans ne peut que diffi­ci­le­ment être impu­table aux Chinois, mais bien plus aux seules direc­tives de la CEE faisant de l’hexagone un immense jardin public.

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Que des millions d’ouvriers fran­çais ne passent plus leur vie à serrer les mêmes boulons dans les usines de montage a été une volon­té poli­tique, des enfants ayant suivi de longues études ayant mieux à faire que de travailler à la chaîne. Si les gouver­ne­ments succes­sifs ont été inca­pables de s’adapter aux nouveaux secteurs de l’économie, les Chinois n’y sont là non plus pour rien. Il en est de même pour nos indus­tries métal­lur­giques vendues à l’Inde, aux USA et au Cana­da, les usines locales ne deve­nant que des centres de R&D.

Ci-dessous, la courbe verti­gi­neuse du défi­cit public fran­çais, qui prouve qu’il n’a pas fallu la montée en puis­sance de la Chine pour creu­ser un véri­table gouffre.

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Débu­té des les années 70, ce défi­cit n’a cessé d’augmenter en fonc­tion des promesses élec­to­rales des uns et des autres pour en arri­ver au point critique actuel. Avoir voulu lais­ser croire que des pays comme la Grèce ou l’Espagne pouvaient suivre ce même chemin de la dépense sans comp­ter n’a toujours rien à avoir avec la Chine, seuls les irres­pon­sables euro­péens en étant à l’origine. Il en est de même en France où la notion de loisirs a été privi­lé­giée en oubliant de dire que pour parve­nir à ce que certains lais­saient croire à une égali­té, il allait falloir emprun­ter et un jour rembour­ser. Dans un pays où pour certains la notion de travail est deve­nue acces­soire et ne vient qu’en complé­ment des aides de l’état, il fallait bien se douter que cette déma­go­gie allait connaître un épilogue doulou­reux.

Au lieu de nous abreu­ver de promesses élec­to­ra­listes, il aurait mieux valu expli­quer aux Fran­çais et aux Euro­péens qu’ils avaient vécu non pas au-dessus de leurs moyens, mais de ceux d’un État géré par des inca­pables notoires toutes tendances poli­tiques confon­dues. Si Émile de Girar­din avait décla­ré à son époque que « Gouver­ner c’est prévoir », nos diri­geants n’ont rien gouver­né et rien prévu, si ce n’est leur auto­pro­mo­tion sur une base d’autosatisfaction.

C’est donc toujours dans le courant du « C’est la faute des autres » que les deux auteurs préci­tés surfent allè­gre­ment sur la vague large­ment entre­te­nue par cette mouvance des bobos sur le retour. Pour conclure cette phrase d’un des auteurs de cette bande dessi­née comique :

Or, l’euro est actuel­le­ment la monnaie la plus chère du monde (il est suréva­lué de 84 % par rapport au yuan) 

Si le pour­cen­tage donné est des plus fantai­sistes, il corres­pond par contre à la sures­ti­ma­tion de la valeur réelle de ces deux auteurs dont il faut espé­rer qu’ils ne feront pas partie des futurs conseillers du gouver­ne­ment, malgré le fait que « qui se ressemble s’assemble » surtout dans l’incompétence qui est leur domaine de prédi­lec­tion.