La Chine n’est plus dans le cadre

cadreLe départ invo­lon­taire de Chine d’Ursula Gauthier, « jour­na­liste » à l’Obs et connue pour ses articles à sens uniques, ne fait que souli­gner un tour­nant amor­cé depuis quelque temps. Malgré le soutien très appuyé des autres médias toujours à la recherche d’un pouvoir n’ayant rien de démo­cra­tique, la sala­riée de Xavier Niel, pour sa part auteur de « Quand les jour­na­listes m’emmerdent, je prends une parti­ci­pa­tion dans leur canard… » n’a pas réus­si son coup média­tique auprès de l’opinion publique fran­çaise.

En dehors du corres­pon­dant du Figa­ro dont la rému­né­ra­tion ne lui permet pas d’acheter un billet de train pour sortir de ses clichés récur­rents, la presse ne s’intéresse plus guère à la Chine. Une des raisons est que l’opinion publique est moins sourde et aveugle que le croient tant la presse que les poli­tiques.

Le fait que la Chine soit sortie du cadre qu’elle a long­temps occu­pé n’est nulle­ment syno­nyme de désin­té­rêt, mais d’une autre manière de voir ce pays pour une bonne partie de l’opinion publique. Il reste bien sûr quelques clichés dont se protègent certains lorsqu’ils se croient mena­cés dans leur supé­rio­ri­té géné­ti­que­ment héri­tée, mais de manière moins systé­ma­tique.

Sans que cela soit réel­le­ment surpre­nant pour des jour­na­listes souvent meilleurs surfeurs sur la vague de la sensi­ble­rie que sur celle d’une réelle infor­ma­tion, la presse se désin­té­resse de la Chine au moment où elle devient plus inté­res­sante que jamais. Depuis l’arrivée de Xin Jinping, de nombreuses choses ont chan­gé, certaines en appa­rence, d’autres en profon­deur. Bien plus que les aspects poli­tiques de la Chine, les chan­ge­ments concernent le peuple chinois toujours en phase d’apprentissage de la socié­té de consom­ma­tion à outrance initiée par l’Occident. Les progrès sont dès aujourd’hui visibles avec une popu­la­tion sensi­ble­ment plus mature face à certains travers d’un système ou possé­der est plus impor­tant que savoir utili­ser.

Que ceux encore inquiets d’une hypo­thé­tique menace chinoise se rassurent, le chemin pour parve­nir au niveau de super­fi­cia­li­té de certaines popu­la­tions « civi­li­sées » est encore loin. Pour la plupart, les Chinois conservent encore des tradi­tions de vie qui leur sont propres, ce en parti­cu­lier dans les classes sociales basses et moyennes. Certains déra­pages inac­cep­tables aux yeux d’un étran­ger restent une norma­li­té pour de nombreux Chinois, certains étant parfois amusants, d’autres drama­tiques.

La vie impo­sée et norma­li­sée dont beau­coup d’Occidentaux se plaignent n’est pas encore celle d’une majo­ri­té de Chinois, ce qui est logique pour un pays aussi riche en diver­si­tés cultu­relles. C’est ce qui fait que « La Chine » n’a jamais réel­le­ment exis­té et n’existera sans doute jamais, du moins en tant que terri­toire où règne la pensée unique. Vue par un expa­trié qui n’est pas rému­né­ré pour écrire des articles à sens unique desti­nés à plaire à quelques arrié­rés, la Chine conserve toute son attrac­ti­vi­té au travers d’une culture diffé­rente de la nôtre. Ces diffé­rences demandent un temps plus ou moins long d’adaptation ou une remise à zéro de certaines « valeurs » n’ayant pas cours en Chine et rempla­cées par d’autres souvent mieux adap­tées.

La Chine n’est plus à la mode en étant sortie de la mire média­tique ? Tant mieux, car cet oubli va permettre de mieux la connaître.