La Chine, le pays des petits et grands pas

Encore un argu­ment qui perd de sa valeur pour les criti­queurs systé­ma­tiques de la Chine. Celui-ci concerne la couver­ture sociale dont il était habi­tuel de faire remar­quer l’absence dans ce pays. D’après le rapport rendu récem­ment par les services en charge de ce secteur, 95 % des employés, rési­dents urbains et ruraux sont à présent couverts par le régime de base.

Afin de ne pas paraître trop « prochi­nois », il faut toute­fois préci­ser que cette couver­ture est dans encore dans bien des cas un strict mini­mum en étant proche d’une aide d’urgence, ce parti­cu­liè­re­ment dans le cas des agri­cul­teurs et des retrai­tés. Pour les employés urbains, la couver­ture est bien plus éten­due en s’approchant progres­si­ve­ment des normes d’autres pays ayant depuis bien plus long­temps éten­du les assu­rances santé.

Il s’agit pour la chine d’un progrès notable puisqu’après la priva­ti­sa­tion de la plupart des entre­prises autre­fois publiques, qui assu­raient elles leurs person­nels depuis les années 50, des millions de travailleurs s’étaient retrou­vés sans aucune assu­rance santé. Avec la récente modi­fi­ca­tion du droit du travail pour les travailleurs indi­vi­duels, la Chine semble s’orienter dans le bon sens avec la prise en compte de ceux qui sont pour une partie à l’origine du déve­lop­pe­ment du pays, mais aussi de la richesse d’une mino­ri­té. Employés offi­ciel­le­ment comme indé­pen­dants, cette caté­go­rie de person­nel n’avait pas accès aux avan­tages sociaux norma­le­ment dus aux sala­riés.

Les abus ont été assez nombreux, certaines socié­tés n’employant que des indé­pen­dants tout au long de l’année, ce qui leur permet­tait de contour­ner les dispo­si­tions sur le droit du travail. La Chine dispo­sant comme la France d’agences d’intérim, ce mode de fonc­tion­ne­ment s’est progres­si­ve­ment éten­du à bien des secteurs de l’économie, créant de nombreux conflits entre employeurs et ouvriers se pensant sala­riés alors qu’ils étaient inscrits comme indé­pen­dants. Avec la nouvelle loi les contrats à durée déter­mi­née vont être limi­tés dans le temps et les agences devraient subir un effi­cace écré­mage dans les mois à venir, un bon nombre d’entre elles ne respec­tant pas les normes.

Ce sont donc deux bons points pour la Chine qui avance à son rythme et à celui de ses possi­bi­li­tés alors que dans le même temps des nations dites riches sont en régres­sion dans ce domaine, ce même si elles se gardent bien de le crier trop fort.