La Chine est-elle encore commu­niste (III)

la chine est elle toujours communisteVoici donc la troi­sième partie de ce sujet qui va tenter de défi­nir si la Chine d’aujourd’hui fonc­tionne sous un régime commu­niste, écar­tant le fait de savoir si la popu­la­tion adhère majo­ri­tai­re­ment à cette idéo­lo­gie ce qui se révèle impos­sible à savoir dans un pays où il n’existe pas d’élections natio­nales qui pour­rait ainsi être un test gran­deur nature. Même si ce scru­tin exis­tait, il ne pour­rait être le reflet exact d’une situa­tion, les Fran­çais par exemple ne pouvant être consi­dé­rés comme ayant été capi­ta­listes avant 1981 puis soudai­ne­ment socia­listes durant les deux mandats d’un président se disant issu de cette idéo­lo­gie poli­tique, pour reve­nir ensuite à la situa­tion anté­rieure.

Il était impor­tant de rappe­ler quelque peu l’histoire de ce pays, car celle-ci a une grande impor­tance pour la suite, la situa­tion actuelle décou­lant direc­te­ment de ce passé, et comme vous pour­rez le lire semble nulle­ment fortuite ou chao­tique comme certains le laissent à penser.

Nous voici donc dans les années 80, avec ce chan­ge­ment appa­rent de cap, mais qui d’un point de vue idéo­lo­gique est loin d’être aussi dépour­vu de sens qu’il ne le laisse croire. Comme vous le savez sans doute, le Parti commu­niste de Chine, et non Parti commu­niste chinois comme il est souvent dit, s’inspire plus ou moins direc­te­ment de la pensée de Marx et de Lénine, or le premier décla­rait : « Le commu­nisme est la forme néces­saire et le prin­cipe dyna­mique de l’avenir immé­diat, mais le commu­nisme n’est pas en tant que tel ni le but du déve­lop­pe­ment humain ni la forme de la socié­té humaine. »

Cette phrase s’avère parti­cu­liè­re­ment impor­tante puisqu’elle défi­nit le système collec­ti­viste comme étant une étape vers ce qui est appe­lé en Chine l’économie socia­liste de marché, ce que les diri­geants chinois tentent de faire recon­naître par les grandes puis­sances écono­miques, ce qu’elles refusent actuel­le­ment. Il faut savoir que pour béné­fi­cier de certains avan­tages au sein de l’O.M.C , et en parti­cu­lier ne pas être confron­té à un certain nombre d’enquêtes systé­ma­tiques frei­nant l’importation de ses produits, les pays expor­ta­teurs doivent dispo­ser d’une écono­mie garan­tis­sant tant la trans­pa­rence des marchés bancaires, que la non-intervention de l’état au niveau des prix, et quelques autres points mis en place par les pays capi­ta­listes, dénom­mée écono­mie de marché. Cette situa­tion doit être approu­vée par la majo­ri­té des pays membres, ce que n’arrive pas à obte­nir la Chine, malgré que les grandes puis­sances recon­naissent un progrès certain dans certain s domaines.

Le commu­nisme serait donc défi­ni comme un simple passage obli­gé menant au « nirva­na » socia­liste, et ce, au travers de diffé­rentes étapes de réformes indis­pen­sables, pous­sant ainsi la popu­la­tion au sommet de ce qui se défi­nit comme étant une socié­té proche de l’idéal humain. Face à ce système se voulant par défi­ni­tion évolu­tif, est oppo­sé le capi­ta­lisme qui lui se carac­té­rise par une appa­rence figée, se défi­nis­sant comme tel :

  • la proprié­té privée des moyens de produc­tion
  • la recherche du profit et de sa justi­fi­ca­tion,
  • la liber­té des échanges écono­miques et de la concur­rence écono­mique au sein du marché
  • l’importance du capi­tal, les possi­bi­li­tés de l’échanger (spécia­le­ment en bourse), de l’accumuler et de spécu­ler
  • la rému­né­ra­tion du travail par un salaire
  • (Source Wiki­pé­dia)

Une fois ces points atteints, le capi­ta­lisme est censé s’auto-alimenter, ce qui appa­raît être de nos jours une des raisons des problèmes de ce système qui semble autant s’essouffler que mécon­ten­ter une part gran­dis­sante de la popu­la­tion gérée par ce prin­cipe où le profit person­nel est au centre des préoc­cu­pa­tions. Une paren­thèse en passant, si les personnes qui se plaignent aujourd’hui de ce système en connais­saient les grands points comme défi­nis ci-dessus, ils consta­te­raient qu’il ne s’agit que de sa simple appli­ca­tion, et non d’une dérive quel­conque si souvent mise en avant, les systèmes capi­ta­listes ne faisant que mettre en œuvre et à entre­te­nir ce qui légi­time leurs noms.

Si vous parcou­rez les décla­ra­tions des hauts diri­geants Chinois fixant les grandes orien­ta­tions natio­nales, vous y trou­ve­rez fréquem­ment ce mot de réforme, période dans laquelle est censée se trou­ver actuel­le­ment ce pays, et faisant idéo­lo­gi­que­ment suite de manière natu­relle à la période collec­ti­viste des années Mao. La rupture provo­quée par l’arrivée de Deng Xiao­ping au pouvoir, serait donc non pas un chan­ge­ment de cap tel qu’ l est souvent présen­té, mais au contraire une conti­nui­té, suivant ainsi au plus près la doctrine marxiste.

Dans ces condi­tions, on peut dire que la Chine est « dans les clous », les diri­geants ne faisant que pour­suivre l’idée de base, même si vu à la loupe, cette période réfor­ma­trice s’accompagne de quelques déra­pages qu’il est toute­fois bon de rela­ti­vi­ser, surtout face au système capi­ta­liste qui lui est souvent oppo­sé, et qui connaît égale­ment de nombreux soubre­sauts, même si ceux-ci sont bien moins souvent décrits dans leur contexte, c’est-à-dire les dérives mêmes d’un système unique­ment basé sur le profit, alors que la mode est de nous faire croire à une situa­tion excep­tion­nelle liée à des évène­ments exté­rieurs.

La ques­tion à se poser en ce qui concerne la Chine est celle de la durée prévi­sible de ces réformes, ce qui s’avère plus que déli­cat à diag­nos­ti­quer, la réponse étant liée à de nombreux facteurs internes, mais égale­ment exté­rieurs, surtout depuis que ce pays a commen­cé à ouvrir ses portes, faisant de lui un des pays les plus obser­vés et par consé­quent un des plus criti­qués dès lors qu’il commence à empié­ter sur son concur­rent direct qu’est le capi­ta­lisme.

A la ques­tion donc de savoir si la Chine est régie par un système commu­niste, la réponse semble être qu’elle a dépas­sé ce stade, ayant accé­dé depuis une tren­taine d’années au stade idéo­lo­gi­que­ment supé­rieur qui est celui qui doit la mener vers une socié­té socia­liste au travers d’une écono­mie de marché du même nom. Comme toute accé­lé­ra­tion notable et rapide, celle-ci ne se fait pas sans quelques déra­pages plus ou moins contrô­lés, le fossé étant parfois proche, mais il semble que pour l’instant le chauf­feur soit encore maître de sa vitesse, même s’il doit se garder d’être grisé par cette impres­sion d’une soudaine puis­sance.

Dans la prochaine et dernière partie de cet article, nous verrons la manière de procé­der à la mise en place de ces nouvelles règles de jeu impo­sées aux Chinois, mais égale­ment les divers arbitres char­gés de surveiller les éven­tuels tricheurs et les diverses fraudes ou cas de dopage.

Vous consta­te­rez aisé­ment que le lien entre le Foot­ball, sport deve­nu un des phares du capi­ta­lisme occi­den­tal, comporte un certain nombre de simi­li­tudes trou­blantes avec la vie actuelle de bon nombre de Chinois, qui après avoir été long­temps spec­ta­teurs, se mettent aujourd’hui à rêver d’être au niveau des plus grandes équipes mondiales. L’entraîneur sera t’-il à la hauteur ? Là, c’est une autre histoire …