La Chine change, qu’allons-nous deve­nir ?

paysJusqu’en 2005, l’excédent commer­cial Chinois prove­nait à 75 % du secteur textile, il n’en est aujourd’hui qu’une part certes impor­tante, mais mino­ri­taire et sans cesse en baisse. Ce qui a rempla­cé, ce que fut cette rampe de lance­ment du textile, ce sont les biens d’équipement, allant de toute la gamme des produits high-tech aux panneaux solaires en passant par diverses produc­tions à plus forte valeur ajou­tée.

Pouvoir chan­ger d’orientation rapi­de­ment semble être une force de ce pays face à d’autres qui s’entêtent parfois dans un secteur d’activité, alors que celui-ci est voué à une mort certaine. Il en est de même sur la desti­na­tion de ces fabri­ca­tions, passant d’un « tout à l’export » à un chan­ge­ment du moins partiel de cap ayant pour cible son propre marché inté­rieur. Il n’est donc pas éton­nant que ce pays dérange, tant il agit bien souvent de manière inverse à ces parte­naires et concur­rents qui eux se tournent vers l’export après avoir épui­sé le marché local.

Il faut en effet être lucide, et se faire une raison sur le fait que si le poten­tiel de clien­tèle Chinoise atteint un niveau bien plus élevé que ce qu’il n’est aujourd’hui, les premiers servis seront en tout premier lieu les entre­prises chinoises elles-mêmes, les étran­gers ne se parta­geant dès lors que les quelques miettes que les inves­tis­seurs Chinois auront bien voulu lais­ser.

Pour n’importe quelle personne connais­sant en effet un tant soit peu ce pays, elle sait qu’élever le niveau de vie de la majo­ri­té de la popu­la­tion n’a pas pour but de passer quelques vacances dorées dans un des nombreux palais dorés de la capi­tale, mais de contri­buer à la survie d’un régime poli­tique dans son en semble, d’où une obli­ga­tion de résul­tat.

La Chine va sans doute chan­ger dans bien des secteurs, que ceux-ci soient indus­triels, sociaux ou envi­ron­ne­men­taux, mais ce chan­ge­ment se fera avant tout dans son propre inté­rêt, et non pas dans celui de ceux qui n’ont jamais manqué une occa­sion de criti­quer ouver­te­ment le moindre déra­page, même si dans bien des cas ces critiques servaient à dissi­mu­ler ses propres erreurs. Il y a même de fortes chances, ou risques suivant le côté où l’on se place, que la Chine exporte, non pas son idéo­lo­gie, ce qu’elle a appa­rem­ment renon­cé à faire depuis pas mal de temps, mais au moins sa puis­sance finan­cière, assu­rant ainsi à l’extérieur de quoi alimen­ter sa propre popu­la­tion. C’est ce phéno­mène qu’il est aisé de consta­ter au travers de diverses acqui­si­tions dans bien des secteurs, mais égale­ment en répon­dant à de plus en plus d’appels d’offres inter­na­tio­naux.

Le danger ne vient donc non pas de la Chine parce qu’elle change, mais de l’immobilisme qui s’est progres­si­ve­ment instal­lé dans divers « vieux » pays, se croyant à l’abri d’un quel­conque boule­ver­se­ment, et souvent encore certain de sa supré­ma­tie. Ne pas chan­ger rapi­de­ment de cap et de menta­li­té aura pour effet de finir les quelques restes du gâteau fabri­qué après la Deuxième Guerre mondiale, et qui n’a jamais été pensé pour être parta­gé en plus de parts que celles déci­dées à cette époque d’après-guerre. S’être trom­pé n’est pas grave en soi, encore faut-il le recon­naître et chan­ger d’orientation, ce qui là est une autre histoire.