La bonne nouvelle de l’été : un Chinois pollue autant qu’un Euro­péen

La Chine est souvent présen­tée comme le plus grand pollueur de la planète. Avant que ce pays ne ravisse la première place aux USA, ce genre d’annonces régu­lières n’existait pas. Il est vrai qu’il y a encore quelques années, on polluait entre nous, ce qui nous allait très bien. Vient ensuite le fait qu’il est évident qu’un pays comme la Chine a bien plus de risques de se trou­ver aux premières places du clas­se­ment des émet­teurs de CO² que la Belgique ou la Suisse, ce en raison de son éten­due, de sa démo­gra­phie et de son acti­vi­té écono­mique, il est vrai pas toujours contrô­lée.

Rame­née à la pollu­tion émise par habi­tant, ce qui est plus honnête, la Chine se trou­vait en milieu de clas­se­ment ce qui rendait cet argu­ment peu inté­res­sant. Cet aspect vient pour­tant d’être récem­ment cité par l’Agence néer­lan­daise d’évaluation envi­ron­ne­men­tale, ce qui pour­rait lais­ser penser dans un premier temps à une plus grande équi­té de la part des Occi­den­taux. Dans la réali­té, la raison de ce soudain attrait pour le CO² par habi­tant n’est pas dictée par une volon­té quel­conque d’être moins parti­san, mais parce que l’écart se resserre entre la Chine et l’Europe.

Voilà donc qui rend tout à coup ce chiffre inté­res­sant, même s’il est préci­sé que la hausse côté chinois va de pair en Europe avec une baisse due à un hiver doux, un prix du pétrole élevé et une baisse d’activité. Un Chinois pollue­rait donc autant qu’un Euro­péen, annonce qui peut être prise soit comme étant rassu­rante ou alar­mante suivant le camp où l’on se trouve. Le souci est que d’une part il ne s’agit pas d’une égali­té parfaite puisque les Euro­péens restent devant avec 7,5 T contre 7,2 T pour la Chine et que de plus d’autres sources donnent 6 tonnes pour la Chine. Un autre élément douteux concerne la défi­ni­tion même du terri­toire euro­péen. Si les limites de la Chine sont parfai­te­ment connues, celles de l’Europe varient sensi­ble­ment suivant qu’il s’agit de la CEE décli­née sous ses diverses versions. Peu importe, le prin­ci­pal demeure qu’un Chinois pollue autant qu’un Euro­péen, ce qui va permettre de passer des vacances en toute tran­quilli­té.