La 4G pira­tée au service de la publicité

4GAppa­rues à Shenz­hen puis dans les grandes villes du pays, les pseudo-bases 4G gagnent à présent les petites et moyennes agglo­mé­ra­tions. De quoi s’agit-il ? De bases 4G conçues pour relayer le signal émis et reçu par les utili­sa­teurs de Smart­phones. Rien d’anormal jusque-là, si ce n’est que ces bases ne sont pas gérées par les opéra­teurs tradi­tion­nels, mais par des inter­mé­diaires privés agis­sant pour des régies publicitaires.

Si une base fixe est aisé­ment détec­table, elle l’est moins lorsqu’elle est mobile, ce qui est le cas ici. Les divers éléments compo­sant ces bases 4G sont en effet instal­lés dans des voitures, ce qui assure la plus grande discré­tion. La puis­sance de ces émet­teurs peut atteindre 12 km en terrain déga­gé, mais seule­ment 400 mètres en zone urbaine. Cette portée limi­tée impose donc au pirate de chan­ger régu­liè­re­ment de posi­tion, ce qui rend encore plus diffi­cile sa détec­tion. De nouveaux modèles appa­raissent sur le marché dotés d’une puis­sance supé­rieure permet­tant d’atteindre les 800 mètres.

Le véhi­cule équi­pé stationne dans des lieux stra­té­giques, c’est-à-dire les quar­tiers d’affaires ou très commer­çants. Les bases diffusent alors des milliers de messages publi­ci­taires dont la fréquence perturbe les commu­ni­ca­tions. À Liuz­hou dans le Guangxi, un de ces pirates a ainsi envoyé plus de 10 millions d’annonces en une semaine, son appé­tit ayant toute­fois fini par le faire remarquer.

Ce maté­riel est en vente sur la messa­ge­rie QQ et provient de Taiwan. Le prix du dernier modèle est de 23 000 yuans (2600 €) et malgré son prix rela­ti­ve­ment élevé se vend comme des petits-pains. Il faut dire que l’investissement est amor­ti en seule­ment quelques semaines, ce qui ne peut qu’attirer les clients.

Comme souvent en Chine, le vide de la régle­men­ta­tion sur un sujet précis limite d’autant les sanc­tions. Les amendes vont de 1000 à 5000 yuans asso­ciés à la confis­ca­tion du maté­riel, mais sont loin d’être suffi­santes pour effrayer ceux exploi­tant ce filon. Pour l’instant seule l’émission de signaux non auto­ri­sés vient punir ces pratiques, mais devrait sous peu faire l’objet d’un texte spécifique.