Jour­naux d’opinion ? Non, médias d’hypocrisie

drapeau en berneL’éviction de Bo Xilai n’a créé que de très légères vague­lettes en Chine, celles-ci contras­tant avec ce que certains médias étran­gers ont tenté de faire passer pour un raz de marée. Même si Chong­qing est une ville impor­tante, les déboires d’un secré­taire géné­ral, même membre du Polit­bu­ro, n’intéressent qu’une mino­ri­té de Chinois dont quelques inter­nautes n’ayant rien d’autre de mieux à faire que de donner leur pâtée aux jour­na­listes occi­den­taux.

Dans ce domaine, un des avan­tages avec la Chine est que contrai­re­ment à d’autres pays dispo­sant d’une presse aux contours des plus flous, on sait où on met les pieds. C’est ainsi que l’agence Xinhua a repro­duit il y a quelques jours un article publié par le Global Times. Aucune ambigüi­té dans le lien unis­sant le PCC au média en ques­tion puisque l’agence de presse chinoise met les choses au clair d’entrée :

« Le Global Times, jour­nal chinois anglo­phone rele­vant du Quoti­dien du Peuple, jour­nal fer de lance du Parti commu­niste chinois (PCC), a publié jeudi un commen­taire sur l’affaire de Bo Xilai. »

Cette entrée en matière des plus limpides a au moins le mérite de ne pas tenter de berner les lecteurs avec une origine lais­sant croire à une indé­pen­dance quel­conque. Le Global Times donne son avis en assu­mant ses liens avec le pouvoir, ce qui des plus rares dans les médias se présen­tant comme libres, mais qui sont en fait tota­le­ment dépen­dant de leurs groupes finan­ciers, et donc d’une certaine forme de pouvoir tant finan­cier que poli­tique. Si en France les médias d’opinion ont depuis long­temps mis leur drapeau en berne, c’est au béné­fice d’un système bien plus hypo­crite leur lais­sant tout loisir de navi­guer sur la vague du moment, celle-ci étant dictée par des consi­dé­ra­tions avant tout mercan­tiles.

Il est vrai égale­ment que bien des lecteurs ont le plus grand mal à avoir la moindre opinion, préfé­rant à l’image des médias nager dans le sens du courant, ce qui donne les résul­tats que l’on ait plus ceux à venir. La presse fait elle l’opinion ou bien l’inverse, si les premiers sont persua­dés que oui, certains doux rêveurs pensent encore avoir une influence au travers des commen­taires lais­sés suite à un article, alors que dans les faits ils ne font que le travail autre­fois confié à un jour­na­liste, mais cette fois gratui­te­ment et même dans bien des cas en payant par l’obligation soit de s’abonner, soit de se voir impo­ser des spots publi­ci­taires.

Si un vieux proverbe dit que les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils, on peut égale­ment écrire que les mauvais lecteurs ont les médias qu’ils méritent.